Balade : Buenos Aires pour les amoureux de la littérature

Literatura Buenos Aires
L'ancienne maison de l'écrivain Ernesto Sábato (Eva McD)

« Buenos Aires, c’est moi-même et je pense parfois que pour l’aimer d’avantage je dois m’en éloigner, car en la mettant à distance je la pense, je la rêve, je la sens comme ce qui m’est arrivé de mieux dans ma vie » Jorge Luis Borges, 1985.

Alors d’accord, Buenos Aires est la ville du tango. Mais pas seulement ! Il suffit de s’y balader quelques heures pour sentir qu’elle porte la mémoire d’assez d’histoires pour inspirer n’importe quel écrivain. On vous invite donc à une promenade sur les traces de la littérature porteña… Et qui sait, vous en reviendrez peut-être avec l’envie d’écrire des romans !

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La Buenos Aires des écrivains

Impossible de commencer sans l’incontournable Jorge Luis Borges. Le 24 août 1899, c’est au 840 de la rue Túcuman que l’illustre écrivain pousse des premiers cris. Un peu plus loin, au 994 de la rue Maipú, levez les yeux : il a vécu la majeure partie de sa vie au sixième étage de cet immeuble. Pour (encore) mieux sentir l’âme de Borges, traversez Recoleta jusqu’à la Fondation Internationale Jorge Luis Borges. Créée par sa veuve, vous y trouverez différents objets, ainsi qu’une reproduction de sa chambre de la rue Maipú.

Beaucoup d’autres lieux de la ville gardent des traces de son passage. A San Telmo, arrêtez vous au 564 de la rue Mexico, devant l’ancienne Bibliothèque Nationale. Au premier étage, le bureau de directeur qu’il a occupé pendant 18 ans est intact. Autre manière de le connaître un peu mieux : visiter le musée consacré à son grand ami Xul Solar, à Palermo – un quartier qui l’a par ailleurs beaucoup inspiré !

Mais Borges était loin d’être le seul écrivain de sa génération. Dans les années 1940, Victoria Ocampo, écrivain et traductrice, avait fait de sa maison à San Isidro le lieu de rencontre des plumes du monde entier : Jorge Luis Borges, Adolfo Bioy Casares, Gabriel García Márquez, Antoine de Saint-Exupéry, Albert Camus, pour ne citer qu’eux. Lorsque vous la visiterez, imaginez les débats endiablés sur la littérature qui ont dû s’y dérouler…

C’est dans cette maison que se rencontrèrent, entre autres, Estela Canto, écrivain uruguayenne, et Jorge Luis Borges. Fascinés l’un par l’autre, c’est pourtant un amour impossible qui les a liés : elle était trop libertaire, il était trop traditionnel. Dans un livre, Estela Canto raconte l’une de leurs longues balades nocturnes : depuis la rue Santa Fe, ils ont déambulé main dans la main jusqu’au Parc Lezama, puis se sont assis dans l’amphithéâtre, face à la rue Brasíl. Cette histoire, un autre auteur argentin, Tomás Eloy Martínez, la raconte dans son livre Le Chanteur de Tango ; son personnage, Bruno, passe des heures assis au café Le Británico, en face du parc Lezama, en imaginant l’écrivain et sa muse…

Après cette parenthèse romanesque, respirons un peu. Direction Santos Lugares, pour visiter l’ancienne maison de l’écrivain Ernesto Sábato. Dans ce foyer tranquille converti en musée dédié à son œuvre, imprégnez vous du calme qui l’inspira…

Comme Ernesto Sábato, l’écrivain et aviateur français Antoine de Saint-Exupéry détestait Buenos Aires. Pourtant, c’est en plein centre que vous pourrez visiter l’appartement qu’il a occupé entre deux missions de facteur de l’air, de 1929 à 1931. Et puisque vous êtes dans le coin, allez prendre un café au London City, là où Julio Cortázar aurait écrit Les Gagnants dans les années 70.

Là où les livres sont rois

Il n’y a pas que les écrivains… Il y a aussi les livres ! Rendez-vous dans leur temple argentin : la Bibliothèque Nationale. Le bâtiment est grandiose, à l’image des trésors qu’il renferme. Le lieu propose aussi des expositions, des événements culturels et littéraires. Tout près, un grand bâtiment rouge vous appelle : c’est le Musée du livre et de la langue. Les expositions vous invitent à explorer l’histoire de la langue, de l’édition et plus généralement de la littérature argentine.

Au rayon librairies, la plus impressionnante est sans conteste à l’Ateneo Grand Splendid. Construite dans un ancien théâtre, on y flâne, on y lit, voire on sirote un café sur la scène reconvertie en bistrot. Plus confidentiel mais tout aussi charmant, vous trouverez la petite librairie anglophone Walrus Book à San Telmo. Lancée par deux amoureux des livres, elle dégage une atmosphère magique : des boiseries, un calme feutré, et des livres du sol au plafond…

Et pour finir en beauté, fêtons le livre ! Les chanceux qui seront à Buenos Aires en septembre pourront aller faire un tour au FILBA, LE festival de littérature de la ville.