« Golpe de aire », pièce de théâtre de Marcelo Mininno

SPECTACLE TERMINÉ

Les processus de l’écriture, les jeux de la mémoire et la reconstruction d’un fait tragique prennent forme sur scène.

Le samedi 25 février 2012, le complexe théâtral de Buenos Aires présente l’œuvre « Golpe de aire » de l’auteur et directeur Marcelo Mininno, le même auteur de l’opéra majeur « Lote 77 », œuvre primée et reconnue par le public local et qui a été à l’affiche pendant presque cinq ans.

Les lumières s’allument et elles sont là, les lignes, les meubles et les murs d’une maison de vacance ; il y a un frigidaire et des déséquilibres. Il y a une table carré et un lit simple. Il y a une carafe et des baies vitrées. Il y a également un homme avec un porte-documents qui pourrait être un travailleur qui arrive en vacance, une femme plus grande, une fille blonde, un autre homme de couleur et un autre blond qui semble être un garde sauveteur. Voilà ce qui nous frappe en premier : l’ambiance de plage.

La première action des personnages est d’écrire avec leurs doigts directement dans l’air. Serait-ce une métaphore de la faiblesse de l’histoire ? Faible non pas pour ses évènements en soi, sinon par l’esprit qui les retouche sans cesse. Faible l’esprit qui, en scène, essaye de changer les faits du passé, tragique. Faible l’esprit qui, dans ses recoins, peut changer les personnages de lieu, changer les situations, comme un mécanisme pour échapper à la réalité.

L’histoire se passe entre décembre et février de l’année 2001, avec tout ce que ça signifie pour les argentins. Un temps sans temps, un temps qu’on passe sans fête, sans futur. Et ils sont là, sur la scène. Eux qui ont eût leur enfant, eux qui avaient un lieu où passer leur été. Mais toute cette commodité part en fumée avec les jours. Ceux là avaient aussi un enfant, ils pensèrent à un prénom, parièrent une histoire que maintenant ils doivent écrire de nouveau, avec l’espérance de pouvoir la changer. Ouvrir la bouche et mettre des mots au vent, un essai de correction inutile. Il y a un chien qui déjà ne joue plus et qu’on ne voit pas. Il y a la femme qui fume sans arrêt pour effacer l’angoisse d’une trahison, d’un mariage fini et d’un enfant mort. Il y a les ballons de la fête d’anniversaire qui sortent du frigidaire à la place du gâteau.

Elle est jouée sur scène la maudite mémoire qui ne s’éteint pas et qui pousse, pousse jusqu’à sortir, comme un grand coup d’air qui nous frappe de plein fouet !

« Golpe de aire » au Théâtre Sarmiento
Av. Sarmiento 2715 – Palermo
Réservation : 4808-9473
De jeudi à dimanche, à 21h
Entrée : AR$55. Jeudi : AR$30

 

 

 

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