[PASSÉ] Marta Minujín, la reine du pop-art au Malba

EXPOSITION TERMINÉE

Une exposition consacrée à Marta Minujín, artiste argentine dont l’œuvre pop embrasse tous les genres artistiques depuis la fin des années 50, est à voir en ce moment au Malba.

Sobrement intitulée « Marta Minujín Obras 1959-1989 », l’exposition retrace trente ans de recherches artistiques et de créativité débordante. Le parcours est dense, aussi est-il conseillé de prendre son temps pour découvrir les nombreuses projections, photographies, reconstitutions de happenings et sculptures qui sont présentées.

Artiste dès son plus jeune âge, son évolution artistique est rapide. Aux toiles pseudo-futuristes du début, avec leurs volutes de  couleurs bigarrées, succèdent rapidement des créations qui rompent avec le format bidimensionnel de l’œuvre. Nous sommes au début des années soixante et  la révolution se doit d’être permanente. Ses matelas multicolores, sculptures datant de 1963, et la Soft Gallery de 1973,  galerie aux murs recouverts de matelas, en sont un bel exemple, prétextes à des happenings délirants qu’il nous est donné de revivre dans l’exposition.

Plaçant son œuvre à l’avant-garde, Minujín n’a de cesse de questionner les limites de son propre art et, partant de là, de prendre le monde de l’art à contre-pied. N’organise-t-elle pas en 1963 à Paris la destruction de ses œuvres, conviant à l’événement plusieurs artistes afin qu’ils viennent piocher dans les décombres fumantes matière(s) à de futures créations ? La table rase comme mode de production devient ainsi un de ses thèmes centraux, auquel elle ne saurait cependant se limiter.

Ces années sont aussi celles de l’essor de la télévision, média de la modernité par excellence, dont Minujín se sert pour développer son art vidéo. Minucode (1968) recréée ainsi les quatre cocktails auxquels elle avait convié successivement les représentants du monde la mode, de l’art, des affaires et de la politique.

Artiste viscéralement ancrée dans son temps, Minujín accompagne les soubresauts politiques de l’Argentine contemporaine, de la dictature des années 60 au retour définitif de la démocratie en 83. A cette occasion, elle n’hésite plus à donner dans le monumental, avec son Partenón de los libros, reconstitution de papier grandeur nature du temple grec sur l’avenue 9 de Julio. L’art de masse permet alors à une Minujín déjà célèbre d’atteindre un public toujours plus large.

Comparable en cela à Warhol, elle n’hésite pas à se prendre elle-même comme objet de son art, en jouant sur sa célébrité et la fascination qu’elle inspire. Son image travaillée avec soin la rend immédiatement reconnaissable, avec ses cheveux blancs coupés mi long et sa frange que recouvrent des lunettes fantaisistes. Elle acquiert ainsi un statut d’icône, véritable œuvre d’art déambulant dans les allées de sa propre exposition le jour du vernissage.

L’exposition est à la hauteur d’une artiste qui, à 69 ans, revêt l’allure d’un mythe. L’œuvre, elle, n’a pas pris une ride, et conserve encore toute sa fraîcheur provocatrice.

Marta Minujin. Obras 1959-1989
MALBA
Figueroa Alcorta 3415
Du mercredi au lundi de 12h à 20h – Fermé les mardis
Entrées: $20, étudiants $10, $8 le mercredi

12,686FansLike
10,677FollowersFollow
1,477FollowersFollow

NOS BONS PLANS DU WEEK-END

Concerts, expos, excursions... Reçois chaque semaine les meilleurs plans de Buenos Aires !