Littérature : les meilleures bulles argentines

Lecture : les meilleures bulles argentines

Après vous avoir concocté une liste des meilleurs films argentins, on vous a mijoté, en deux parties, une sélection de la littérature argentine de référence, du pavé gauchesco aux autres classiques de bibliothèques.

On commence avec des bulles, des milliers de bulles, celles des dessinateurs de BD les plus talentueux du pays. Ils nous ont offerts de grands moments de lecture, plus ou moins humoristiques, mais toujours très personnels et stylisés.

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Comment ne pas réserver le haut de notre article à Quino ? Ce très grand monsieur de la bande-dessinée (dite “historieta” en castellano), papa de la caractérielle Mafalda, doit sa notoriété à cette petite fille fan des Beatles et idéaliste, mais délicieusement lucide sur le monde, à seulement six ans. Publiée pour la première fois en 1964, Mafalda est plutôt destinée à un public d’adultes, plus à même de comprendre l’humour parfois corrosif de la brunette qui n’a pas la langue dans sa poche face à sa famille et à ses amis : Felipe, Manolito, Susanita…

Les aventures de Mafalda ont été traduite en français, mais on vous recommande vivement de les lire en espagnol.

Moins connu par les étrangers et pourtant tout aussi important dans le monde de la bande-dessinée, Dante Quinterno. Né en 1909, il a été le réalisateur du premier dessin animé en couleur d’Argentine “Upa en apuros”, sorti en 1942. Parmi ses personnages les plus célèbres : Patoruzú et Isidoro Cañones. L’un, Indien aux valeurs vertueuses, l’autre, playboy profiteur. Quinterno a créé, quelques années plus tard, Patoruzito et Isodorito, qui représentent la version enfant de ses deux personnages phares.

Plus naïf, mais tout aussi célèbre et publié dans La Nación : le Gaturro du dessinateur Nik tout en couleur et en gentillesse. Il aime se faire envoyer sur les roses par son amoureuse, Agatha, et tente comme il peut de réussir à l’école. Un bon moyen pour commencer à lire et à comprendre quelques blagues en espagnol.

Le personnage de Clemente né sous le pinceau de Caloi est un drôle d’oiseau puisqu’il n’a ni aile, ni bras, ni bec ! Jaune et noir à rayure, Clemente a deux amantes et deux enfants. Son alimentation se réduit aux olives, qu’il vénère tout autant que le football.

Jusqu’au décès de Caloi, en 2012, Clemente était publié quotidiennement dans le journal Clarín.

Vous avez certainement déjà entendu parler de Fontanarrosa, Roberto de son prénom. L’oeuvre graphique la plus connue de ce dessinateur et écrivain humoristique est Inodoro Pereyra, un gaucho de la pampa qui parodie l’idée du gaucho vu de l’extérieur. Solitaire, mais toujours accompagné de son chien Mendienta, il reçoit des d’étranges invités dans son ranch et les conseille de manière toute aussi étrange…

Ricardo Siri, dit Liniers a publié les tirages de Bonjour dans le supplément NO de Página/12 de 1999 à 2002. Macanudo, publié dans La Nación, est issu de cette première bande-dessinée. De nombreux personnages sont présents : des lutins, des brebis, des pingouins et bien d’autres, dont vous connaissez certainement déjà les traits.

Après toute cette testostérone, débarque Maitena ! Cette dessinatrice féministe née en 1962 a plusieurs œuvres au compteur, mais on retient la série Mujeres alteradas, traduit “Les Déjantées” dans sa version française. Des histoires de femmes surtout, et d’hommes, un peu. Mordant, drôle et réaliste, un régal.

On termine avec un grand classique  : El Eternauta d’Héctor Oesterheld (scénario) et Francisco Solano López (dessin) publié sous forme de série entre 1957 et 1959. Dix ans plus tard, Oestherheld créera une nouvelle version puis une suite à El Eternauta, avant de disparaître entre les griffes de la junte militaire vers 1979.

L’histoire commence par une invasion extraterrestre de la Terre. Une neige fatale envoyée par les envahisseurs s’abat sur Buenos Aires, terrassant presque toute vie en quelques heures. Juan Salvo, avec quelques amis (Favalli et Lucas), sa femme et sa fille restent en vie grâce à la maison de Juan et la présence d’esprit de Favalli. Ils se préparent pour survivre à la chute de neige en fabricant des vêtements de protection pour ensuite rassembler des vivres. Cette œuvre est en réalité une métaphore des successives dictatures qu’a connues l’Argentine. Une lecture fondamentale.

Les amateurs et amatrices de bandes-dessinées auront désormais de quoi occuper leurs weekends pluvieux ! La semaine prochaine, nous vous dévoilerons notre top de la littérature classique argentine : de Cortazar à Borges, en faisant un petit détour par l’Uruguay d’Eduardo Galeano.

Vous pouvez également retrouver quelques uns des fameux personnages cités ci-dessus, presque en chair et en os, en suivant le Paseo de la Historieta jusqu’au Musée de l’Humour.