Dos, Lo que se disuelve, troublante pièce de théâtre

Une entrée de théâtre qui surprend. Est-ce un ancien parking, un vieux club de boxe rénové ? Le Galpón de Guevara ouvre ses portes en fer aux allures de hangar sur un espace immense, dont chaque cloison a été peinte par différents artistes. Petit (et bon !) bar pour grignoter et trinquer avant ou après le spectacle, banquettes et tables basses, table de ping-pong et baby-foot : tout est fait pour que l’attente généralement agonisante avant d’entrer dans la salle soit la plus agréable possible. Dans le quartier tranquille de Chacarita, on se sent soudain entrer dans un nouvel univers.

Jusqu’au 20 mars se joue une pièce au format assez unique, entre danse et théâtre, mise en scène par des chorégraphes et interprétée par des danseurs de pointe dans le monde du tango et de la scène. Mais ce n’est pas une oeuvre de tango. Ni une simple pièce. Cela va au-delà. Dos… Lo que se disuelve, ce sont cinq couples de danseurs qui, nus lorsque la lumière se fait, semblent sortir tout droit d’un songe. Qui sont-ils, qu’ont-il à raconter ?

- Anuncio -

Les textes, les situations, déragent, questionnent, émeuvent. Ce ne sont pas seulement des histoires de couples ou des relations filiales, bien que soient mis en scène la jalousie, l’amour, la haine, la séduction, l’angoisse, l’attachement. Au-delà des mots, des gestes, des pas, se lisent des questionnements identitaires plus profond. Qui suis-je ? « C’est ou ce n’est pas ? » demande un personnage repris par un autre « C’est ET ce n’est pas », qui va rythmer tous ces tableaux vivants.

Mélange de tango, de danses contemporaines, de théâtre, Dos… Lo que se disuelve est une oeuvre unique interprétée par des danseurs hors pair de la compagnie DNI Tango, qui se révèlent d’excellents acteurs. On passe du rire à l’angoisse, et tout résonne pour nous confronter à nous-mêmes. Les miroirs qui constituent l’unique décors stable de la scène, renvoient sans cesse à cet autre qui habite chacun des personnages… et nous !

Décors, costumes, musique, accessoires symboliques, tout dénote d’une créativité et d’un travail d’envergure. Bref, ne pas manquer cette pièce d’exception !

Dans la journée, vous pourrez vous promener dans le cimetière de Chacarita, manger un bout au Masamadre et, si vous poussez un peu, rendez-vous au Faro, un bar notable incontournable.

« Dos… lo que se disuelve » au Teatro El Galpón de Guevara
Guevara 326 – Chacarita
Tel : 4554-9877

Du 15 janvier au 20 mars 2016
Vendredi à 23h et les samedi à 21h
Acheter ses places / Infos : [email protected]

Photo : Damian Nussembaum