TOP 5 : Les pièces de théâtre à ne pas rater en novembre 2016

« Pasolini », de Matías Feldman

Qu’aurait pensé Pasolini du monde actuel, s’il n’était pas mort assassiné sur une plage d’Ostie en 1975 ? C’est un voyage post-mortem que nous propose Matías Feldman où Pasolini est démultiplié, son esprit voyage et commente le monde actuel avec une haine de la bourgeoisie et une rage de vivre intacte. Son esprit qui s’infuse et se dilue entre des scènes de films, ses poèmes et des réflexions acerbes sur la psychanalyse de salon, le sexe mécanique, Tinder, le porno, les menines de Velasquez, la consommation culturelle et le conformisme bourgeois. Après une première et une seconde édition du cycle « Invocación » du Centre Culturel San Martín, qui propose à des créateurs contemporains de travailler à partir de l’esthétique d’un créateur important du théâtre au XXème sciècle (Jarry, Meyerhold, Brecht et Artaud), Matías Feldman s’attaque à Pasolini, et réalise une pièce dérangeante et subversive. S’il s’agit d’invoquer Pasolini, c’est réussi, il est bien parmi nous pendant plus d’une heure trente. A ne pas rater !

Vendredi et samedi à 22h, dimanche à 21h, au Centro Cultural San Martín (Sarmiento 1551 – Centro)

« DUROS », de Lisandro Rodriguez

C’est certainement la proposition la plus radicale du théâtre indépendant à voir en cette en fin d’année. Lisandro Rodiguez a creusé un puits dans son théâtre et les spectateurs sont invités à regarder du haut, munis de lampes torches, quatre acteurs qui gesticulent et poussent de cris répétitifs. Rien ne s’y raconte en termes narratifs, c’est une série d’actions, de sons et d’odeurs qui s’articulent pendant une heure d’un rituel auquel il n’y a pas d’échappatoire. Tous les sens sont mobilisés, les spectateurs sont pourvus d’un masque pour ne pas être gêné par l’odeur de la terre et de la boue dans laquelle les acteurs s’enterrent peu à peu. Le spectacle est sombre, violent et déstabilisateur, une expérience au sens propre, dont le spectateur ne sort pas indemne. A voir !

Vendredi à 21h30, à l’Elefante Club Teatro (Guardía Vieja 4257 – Almagro)

« La Academia », de Milva Leonardi et Marta Salinas

Entre danse contemporaine et théâtre, La Academia s’amuse des clichés du théâtre et du ballet classique à partir des différentes scènes qui s’enchainent en passant d’une image à une autre avec humour et ironie. Une princesse semble séduite par deux amants avant des les tuer à coup de couteau, un banquet absurde qui termine en bataille de nourriture et un sceau d’eau renversé sur un jeune valet. Les trois interprètes sont à la fois constructeurs et font imploser les images et les situations pour en créer d’autres, et participer d’une formidable machine créatrice de fiction que rien ne semble pouvoir arrêter. Les allers-retours entre la fiction et sa déconstruction produisent un jeu dynamique et une critique jouissive de la représentation classique. Un bon moment garanti.

Vendredi à 21h, au Centro Cultural Recoleta (Junin 1930 – Recoleta)

« Ciudades », de Veronica Barr y Nadia Ethel

Comment appréhender la ville ? Comment s’en approcher sans la voir s’évaporer ? CIUDADES est une pièce paysage, comme l’indique son sous-titre, elle travaille à la création d’atmosphères, où les quatre interprètes sont baignés dans des vidéos et des images de la ville. La pièce invite à prendre de la perspective sur la ville que nous habitons et les villes que nous avons habitées, quelque part encore présente à l’intérieur de nous, dans chaque mouvement du corps. Les villes y sont multiples, celle de l’enfance, celle d’autres pays et celle de Buenos Aires, La ciudad de la furia chante Soda Stereo, fourmilière de ciment, blocs et de rues qui convergent jusqu’à l’obélisque, cet œil aveugle qui voit tout. CIUDADES est un long poème qui nous plonge au cœur de la ville et de ses paysages, un rêve éveillé qui transite une journée où la ville est intime et partagée à la fois, où l’émotion est palpable face au monde urbain vertigineux. D’une sensibilité à fleur de peau !

Lundi à 20h, au Silencio de Negras (Saenz Peña 633 – Centro)

« Hay que sacar a pasear el perro », de Matiás Sendón

En k-way sous une pluie battante, un homme sort son chien et croise son père et son ex-femme, tous s’accrochent à leurs illusions et sont plein de regrets. Pourtant, il ne pourra pas déambuler plus longtemps sous la pluie qui ne s’arrête pas, il faudra prendre une décision, l’estomac le ronge de l’intérieur et bientôt quelqu’un d’autre devra sortir le chien. Présenté dans le cadre du festival de dramaturgie Europa + America, qui propose à un metteur en scène de Buenos Aires de mettre en scène un texte européen, Matiás Sendón propose une mise en scène sobre, porté par un jeu d’acteur tout en retenu où les personnages semblent comme paralysés, écrasés par une réalité étouffante et triste comme un jour de pluie. Le texte est d’un auteur croate, Tomislav Zajec, qui propose une dramaturgie complexe où la relation avec le père est entrecroisée de la rencontre avec son ex-femme, on passe d’une scène à l’autre rapidement dans un temps distendu, comme en suspension sous une pluie sans fin.

Jeudi à 21h, à l’Elefante Club Teatro (Guardía Vieja 4257 – Almagro)

Photo : Disfrutemos BA

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