En plus du candombe, du carnaval et du marché aux puces de Tristán Narvaja, Montevideo a beaucoup à offrir aux porteños qui ont besoin de s’échapper du rythme effréné de la ville. De la rambla longeant ses belles plages à la Ciudad Vieja et ses quartiers plus tranquilles, il y a plusieurs incontournables à découvrir — et plus d’une façon de les explorer.
Visiter cette ville traditionnelle de l’autre côté du Río de la Plata peut être une excellente idée pour un long week-end car, bien plus petite que Buenos Aires, elle se découvre facilement en quelques jours.
On peut la parcourir à pied ou à vélo, bien que cette dernière option ne soit pas très recommandable en raison du relief vallonné et du peu de pistes cyclables (« monte video » — c’est ce qu’auraient dit les Portugais en débarquant sur ses plages) — mais pédaler le long de sa splendide rambla reste une expérience particulièrement agréable.
Comment est Montevideo ?
Très attachante, avec ses commerces familiers, ses enseignes typiques et ses habitants paisibles, qu’on repère facilement parmi les touristes à leur façon de se balader avec le maté et le thermos sous le bras. « On sort se balader avec le maté » les entend-on dire, comme s’il s’agissait d’un membre de la famille ou d’un ami.
Tout comme les porteños, ils se plaignent du bruit ou de l’insécurité et n’apprécient peut-être pas à leur juste valeur les plages où ils peuvent aller n’importe quel jour de la semaine, après le travail, pour fuir la chaleur. Mais comme on dit, nul n’est prophète en son pays.
Si les quartiers les plus chic se trouvent à l’est de la ville (Pocitos, Malvín, Punta Gorda, Carrasco) et donnent accès à ses belles plages, notre recommandation est de loger dans le centre et de commencer la balade par l’Avenida 18 de Julio pour profiter de sa remarquable architecture.

Ses quartiers
- Centro. Traversé par l’Av. 18 de Julio, on y découvre de somptueux immeubles des années 20 du siècle dernier, dans des styles très divers — beaux-arts, art déco, moderniste ou brutaliste — et quelques-uns, plus modestes, de style éclectique. Tous en très bon état de conservation.
- Cordón. Célèbre pour accueillir le marché de Tristán Narvaja, une visite incontournable pour les passionnés d’antiquités, de librairies d’occasion et d’archéologie urbaine.
- Ciudad Vieja. En descendant vers le port, après avoir franchi la Puerta de la Ciudadela, on atteint ce quartier touristique et très cool, rues pavées, bars, restaurants, bâtiments historiques et pas moins de quinze musées.
- Parque Rodó. Il tire son nom du magnifique parc éponyme qui, avec son lac artificiel et ses grands arbres, abrite le Musée National des Arts Visuels.
- Pocitos. Jeune, moderne et le plus cosmopolite, qui rappelle beaucoup Palermo, avec une plage de grande étendue qui en a fait le quartier central le plus prisé de Montevideo.
- Malvín, Punta Gorda et Carrasco. En quittant la ville vers l’est, on trouve les quartiers les plus aisés, semblables à ceux de la banlieue nord de notre Grand Buenos Aires.

Les incontournables de Montevideo
- Palacio Salvo. Construit par le même architecte que le Palacio Barolo de Buenos Aires, Mario Palanti, tous deux dotés d’un phare au sommet dont les faisceaux lumineux devaient se rejoindre d’une rive à l’autre, avec des références à la Divine Comédie. La visite guidée coûte environ 15 dollars.
- Dans la Ciudad Vieja, très proches les uns des autres, se trouvent le Museo Torres García, avec quatre étages consacrés à son œuvre, le Museo Gurvich, le Museo de Artes Decorativas au Palacio Taranco (avec une toile de Diego Velázquez, La reddition de Breda, de 1635, et une curation qui met en lumière l’histoire du personnel de service souvent invisibilisé — très intéressant) et le Museo Fígari, entre autres.
- Photogalerie du Parque Rodó et Musée des Arts Visuels (Tomás Garibaldi 2283). Dans ses jardins, on peut admirer une impressionnante fresque en pierre de Joaquín Torres García.
- Librairie Escaramuza. Dans une maison centenaire, se trouve cette magnifique librairie, riche d’un large choix d’ouvrages des grandes maisons d’édition, devenue un espace culturel très animé. (Dr. Pablo de María 1185)
- Marché de Tristán Narvaja. (Dr. Tristán Narvaja 1545). Dimanches, de 9h à 16h.
Où manger à Montevideo ?
- Pour déguster un bon chivito, le plat typique local, rien de tel que le mythique bar El Tinkal (Dr. Emilio Frugoni 853), talonné par le Trouville (Francisco Vidal 650) et le bar Arocena (sur l’avenue du même nom, à quelques mètres de la rambla, à Carrasco). Un duel acharné qui résiste à l’invasion des enseignes de burgers étrangères.
- Le marché du port, dans la Ciudad Vieja, avec de nombreuses options pour manger (surtout de la viande) et acheter des cadeaux.
- Montevideo al Sur (Paraguay 1150), qui en plus d’être un bar patrimonial, propose une carte bien garnie et des événements musicaux et littéraires.
Le Carnaval de Montevideo
Il existe deux types de Carnaval en Uruguay : celui des comparsas lubolas, negras, candombe pur, et celui des murgas, qui participent au concours officiel du Carnaval. Les premières s’expriment lors des défilés, dont le principal est celui des llamadas, dont le parcours et la date se trouvent sur Internet.
Les secondes se produisent dans les tablados, les principaux en ville, mais beaucoup dans les quartiers. Et le concours officiel se tient au Teatro de Verano. Ces deux expressions, et surtout les murgas, ont considérablement gagné en niveau musical et en répertoire — et les Montevidéens eux-mêmes le reconnaissent volontiers, c’est dire. Le seul hic, c’est que ça se passe en février — à caser dans l’agenda dès maintenant.
Infos pratiques
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Comment aller à Montevideo depuis Buenos Aires ?
En bateau direct jusqu’à Montevideo, ou jusqu’à Colonia avec correspondance en bus, via Buquebus, Seacat ou Colonia Express.
- Office du tourisme : www.descubrimontevideo.uy

















