Les journaux argentins, large éventail politico-social

L’Argentine est un pays formidable, l’Eldorado de la presse papier. Pourquoi ? Demandez donc à un Argentin quel journal il lit pour s’informer… Et ne vous étonnez pas si ce dernier vous répond qu’il les feuillette tous, histoire de se forger sa propre opinion. À quelques mois des élections présidentielles, le débat public fait rage et les journaux sont – tous autant qu’ils sont – soupçonnés de traiter l’info de manière partisane. Les quotidiens n’en restent pas moins de bonne qualité. Afin d’éclairer vos lectures, Buenos Aires Connect vous propose un tour d’horizon des titres phares de la presse argentine.

Clarín

Fondé en 1945, le journal Clarín est aujourd’hui le plus tiré du pays. Il a connu un succès immédiat en adoptant un format tabloïd plutôt osé pour l’époque. Historiquement, Clarín est connu pour sa 4e de couverture dédiée au dessin d’humour depuis 1973. Les sections « Sport » et « Spectacles » sont également à l’honneur avec des suppléments dédiés. Plutôt proche de Nestor Kirchner, lors de sa présidence (2003-2007), le journal Clarín s’est progressivement transformé en une force d’opposition systématique à sa femme et successeur, la présidente Cristina Kirchner, dénonçant scandales politiques et errances économiques sans forcément faire preuve de beaucoup de mesure.

La Nación

Créé en 1870 par l’ancien Président de la République Argentine, Bartolome Mitre, le journal La Nación a pour lui la constance. Il est toujours géré par la famille et Bartolome Mitre, quatrième du nom. Reconnu internationalement pour la qualité de ses plumes, La Nación est sans doute le journal le plus prestigieux du pays. De tradition conservatrice, il a longtemps été proche de l’Eglise, de l’Armée et des grands producteurs agricoles. Une histoire qui le conduit aujourd’hui à critiquer la politique gouvernementale, notamment son volet international (rapprochement avec le Venezuela, l’Iran, la Russie et la Chine) et économique.

Página/12

Fondé en 1987, le journal Página/12, dont le nom correspond au nombre de pages de la première maquette, s’est immédiatement distingué du reste de la presse pour ses prises de positions progressistes et ses longues analyses déployées sur une maquette austère. La rédaction de ce journal de gauche réunissait à l’origine des écrivains et intellectuels de renom tels que Tomás Eloy Martínez, Osvaldo Soriano, Eduardo Galeano et Rodrigo Fresán. Dans les années 90, sous la présidence ultra libérale de Carlos Menem, le journal s’est montré particulièrement offensif, révélant notamment plusieurs scandales de corruption. Aujourd’hui, les positions de Página/12 se rapprochent de celles du gouvernement bien que certains journalistes fassent parfois, dans la douleur, entendre une voix discordante.

El Argentino

Ce tabloïd a vu le jour en 2008 sous l’impulsion de l’homme d’affaires Sergio Szpolski, proche des cercles du pouvoir. Il est distribué gratuitement le matin à Buenos Aires, du lundi au vendredi. Pour l’opposition, El Argentino est un porte-voix des politiques menées par le gouvernement de Cristina Kirchner.

Crónica

Depuis 1963, Crónica est distribué tous les matins à Buenos Aires. Contrairement aux autres journaux, plus classiques, Crónica a introduit une bonne dose de sensationnalisme dans le paysage de la presse argentine. Notamment en mettant régulièrement à la une faits divers et titres chocs. Son fond de commerce : les faits, rien que les faits, quitte à faire l’impasse sur les idées et les analyses.

Cinq journaux, donc, pour illustrer la diversité des modes de traitement de l’information en Argentine. Et si finalement, le journal le plus neutre du pays n’était autre que le quotidien sportif Olé, qui chaque jour garantit une égalité de traitement aux deux géants du foot argentin, Boca et River ?

PS : si les journaux vous fatiguent, la littérature, elle ne ment pas.

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