Un petit tour au Musée du Cinéma de Buenos Aires

museo del cine buenos aires
Photo: Facebook Museo del Cine

Petit quiz : pouvez-vous citer le premier film parlant tourné en Argentine (1) ? Le premier long-métrage argentin à recevoir un Oscar (2) ? L’acteur le plus célèbre du pays (3) ? Un petit tour au musée du cinéma de Buenos Aires, et vous pourrez répondre à tout ça les yeux fermés. Ou vous pouvez aussi lire cet article, dans lequel les réponses sont discrètement cachées.

En tant que capitale d’un pays avec une forte tradition filmique, Buenos Aires se devait d’avoir son musée du cinéma. Tout commence en 1969, avec le décès de Pablo Ducrós Hicken, peintre et historien porteño et collectionneur passionné de cinéma. Au fil de sa vie, il avait amassé un nombre impressionnant d’objets rares autour du septième art. Sa veuve décide d’en faire une donation publique, à condition qu’elle garde le nom de son défunt époux. C’est ainsi qu’en 1971, le musée est né.

L’objectif de l’institution ? Célébrer le cinéma argentin. Ancien ou récent, animé ou numérique, documentaire ou fiction, il est aujourd’hui un des plus importants du monde hispanique. Au-delà de l’imposante collection de films et d’objets liés à la pratique (caméras Pathé, projecteurs Gaumont, scénarios, costumes, critiques, et on en passe !), tout un pan, moins visible, est dédié à la restauration de films. Des œuvres nationales, comme « « Muñequitas Porteñas » » (1), qui date de 1931, mais aussi internationales : on doit au musée la version la plus complète à ce jour du culte « Metropolis » de Fritz Lang.

Au départ niché dans le Teatro San Martin, le siège du musée a pas mal déménagé dans la capitale. À un moment il s’est même retrouvé sans siège du tout… Mais heureusement aujourd’hui il a un siège de choix – deux même ! – dans le quartier de La Boca. La rue Ministro Brin abrite les archives, avec la vidéothèque, la bibliothèque et les pellicules à restaurer. Quelques mètres plus loin, niché dans une ancienne usine d’électricité, se trouve le musée à proprement parler.

Un voyage dans le temps

Juste avant de commencer, on peut déjà s’amuser à tester les objets dans le hall d’entrée, comme le praxinoscope, ce tambour percé à l’intérieur duquel sont dessinées des images, et qui bougent au fur et à mesure qu’on le fait tourner. Ensuite, la visite suit un fil chronologique. Affiches, caméras de l’époque soigneusement conservées, extraits vidéo et textes d’explications nous racontent comment est né et s’est développé cet art neuf dans un pays qui, à l’époque, l’est presque tout autant.

Séparé en chapitres, le parcours muséal nous emmène du muet à l’arrivée du parlant, du noir et blanc à la couleur, et ainsi de suite. Aux fastes années 40 succède la sécheresse du coup d’état de 1955. De la même manière, après le « nuevo cine argentino » des années 60 vient l’époque sombre de la dictature de Videla. Le musée montre ainsi comment l’histoire politique et cinématographique du pays sont intimement liées. Comme avec le poignant « La Historia Oficial » (2), qui en 1985 aborde le sujet des enfants disparus de la dictature. En fin de parcours, les connaisseurs reconnaîtront les films plus récents, issus du renouveau des années 90 (« Pizza, Birra, Faso ») et 2000 (« La Ciénaga », « Nueve Reinas »). La visite se clôt avec les derniers succès que les Argentins sont massivement allés voir au ciné, comme « El Secreto de Sus Ojos » ou « Relatos Salvajes », tous deux avec le ténébreux Ricardo Darín (3) en tête d’affiche.

La visite est bien documentée, mais pas besoin de plus d’une heure pour en faire le tour. Si votre âme de cinéphile n’est pas rassasiée, les expositions temporaires vous attendent à l’étage. Si l’âme est pleine mais pas l’estomac, pourquoi ne pas déjeuner chez El Obrero situé juste en face du musée, ou poursuivre vers le célèbre Caminito de La Boca, à quelques cuadras de là.

Musée du cinéma Pablo Ducrós Hicken
Caffarena 51 – La Boca
Tel : 4307-1969
Du mercredi au lundi de 11h à 18h.
Samedi, dimanche et jours fériés de 10h à 19h.

Bruxelles, Athènes, Buenos Aires. J'aime écrire des trucs, surtout sur le cinéma. J'aime voyager, surtout si c'est un nouvel endroit. J'aime le fromage, surtout s'il est français. Curieuse, bavarde, nocturne, enfumée.