Le polo, sport argentin par excellence

Polo
CC Mariano Mantel Flickr

C’est en Asie Centrale, il y a de cela plus de 2500 ans, que les premiers peuples cavaliers chevauchant les grands espaces entre la Chine et la Mongolie se passionnent pour une activité alliant aptitude sportive et guerrière. Munis de balles et de maillet en bois, ils forment des équipes à cheval qui s’affrontent… s’il n’a pas encore cette appellation, le polo est en train de naître. Plus à l’Ouest, ce sont les Perses qui s’approprient ce jeu d’abord comme mode d’entrainement des troupes d’élites, puis comme passe-temps des rois et sultans. Le polo s’étend en Arabie, au Tibet, puis en Chine et au Japon. Ainsi, le Japonais Han Yu se plait à décrire un match de Polo dans un de ses poèmes : « Les cavaliers inclinent le corps, courbent le bras autour du poitrail de leur monture. Un coup de tonnerre répond au mouvement de la main, et la perle divine entame sa course. »

Alors que ce sport exotique atteint l’Inde au XIVe siècle, ce sont les colonisateurs britanniques, deux siècles plus tard, qui le ramènent en Europe, séduits par l’intensité du jeu équestre. En Argentine, au XIXe siècle, le pays devient la nation à part entière du polo, lorsque les immigrants anglais décident d’importer ce sport de l’autre côté de l’Atlantique. Le jeu se développe rapidement à travers l’immensité des espaces naturels et les milliers de chevaux robustes et énergiques du pays, les argentins sont séduits par la complicité avec l’animal et les sensations fortes du jeu.

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Le Polo devient un sport élitiste, qui coute cher puisqu’il est nécessite des chevaux de pur race, un matériel de qualité ainsi qu’un grand terrain ; de 275 mètres sur 180 mètres de large. Il représente aujourd’hui la classe haute et huppée de Buenos Aires, où passionnées et professionnels aiment se retrouver lors des compétitions, vêtus de chemises de Polo de grandes marques, pantalons de lin et mocassins de cuirs, cela autour d‘un champagne !

Se jouant à 4 contre 4, le jeu est assez simple ; avec son maillet, le joueur a pour objectif de faire entrer entre les buts de l’équipe adverse la petite balle blanche de polo. Selon leurs aptitudes, les joueurs obtiennent un handicap qui va de -4 à 10, le meilleur score.

À Buenos Aires, chaque année la Triple Couronne est remise en jeu entre novembre et décembre. Il réunit les Open de Tortugas, de Hurlingham et de Palermo, où s’affrontent les meilleures équipes d’Argentine.

Le club La Dolfina est probablement l’équipe la plus connue, puisque son leader Adolfo Cambiaso, habile et infatigable, a été élu meilleur joueur de polo du monde avec un handicap de 10. Le club Ellerstina fut vainqueur de l’Open Palermo en 2012 et a acquis une grande notoriété notamment grâce à son joueur Mariano Aguerre, révélé à 10 de handicap à cette époque-là. Le club Aguada, né en 1963, fait aussi partie des meilleurs clubs du pays, il appartient à la famille fortunée Novillo Astrada, qui transmet son professionnalisme de génération en génération. En 2003, le club gagne la Triple Couronne avec une équipe formée des quatre frères de la famille Novillo Astrada. Enfin, Hurlingham, dont le nom fut emprunté au même club de polo de Londres, a été fondé par l’anglais John Ravenscroft, qui en a fait un des clubs de sports les plus prestigieux d’Argentine, où se pratique le golf, le football, le cricket, le rugby, le tennis et le polo entre autre. Aujourd’hui, le club se veut être un club amical où se privilégie la convivialité, l’éthique et le fair play.

Ne manquez donc pas un des superbes tournois de l’été où les grands noms du polo s’affrontent en ce moment ! Toujours dans le quartier, vous pouvez aussi faire une ballade au cœur du jardin botanique de Palermo si vous êtes toujours dans les parages.

Photo : Mariano Mantel / Flickr