Basques français à Buenos Aires : « La pelote basque fait partie intégrante de notre culture »

Le Centre Basque Français, situé dans le quartier porteño de Monserrat, fut fondé en 1895 et préserve son intérêt pour la pelote basque.


La pelote, la gastronomie et l’euskera (la langue basque) sont les éléments incontournables de la culture basque dans le monde entier. Ce sont ces trois piliers identitaires que met à l’honneur le Centre Basque Français, situé dans le quartier porteño de Monserrat.

Une activité ressort parmi les autres : le fronton fermé, qui se trouve à l’intérieur du club.

La pelote basque, pilier identitaire des Basques français de Buenos Aires

« La pelote basque fait partie intégrante de notre culture », affirme le président du Centre Vasco francés, Beltrán Maillot, et il n’a pas tort. Ce sport est pratiqué dans tous les petits villages et les grandes villes de ce pays (*) enclavé au milieu des Pyrénées. Le fronton – ou le terrain -, est l’endroit où se pratique cette activité, et occupe généralement une place centrale.

Au Centre Basque Français, et comme dans la majorité des centres basques répartis en Argentine, on pratique la pelote basque avec des palas (raquettes spéciales) sur un fronton fermé, à quatre murs, usuellement appelé trinquet. Pour Maillot et les autres membres de l’institution, la conversation du trinquet au fil des époques est un motif de fierté.

Parmi les quelque 150 personnes qui font partie du Centre Basque Français, la grande majorité joue ou a joué à la pelote basque. Le fronton est ouvert aux membres tous les jours de la semaine, et, occasionnellement, les samedis aussi.

Le président mentionne les quatre catégories distinctes qui existent, et que les membres se permettent de jouer avec des « avantages » (comme le handicap au golf) pour égaliser le niveau entre les différents pelotaris – terme qui s’utilise en euskera pour désigner les joueurs de pelote basque.

Ce centre a été fondé le 1er avril 1895, mais son fronton a été inauguré en même temps que l’installation de ce club social dans son nouveau siège, dans le quartier de Monserrat, le 6 janvier 1901. Depuis lors, il est s’est transformé en une mascotte pour les membres.

Centro Vasco FrancésPelote Basque Ph. : Marco
Centro Vasco Francés
Ph. : Marcos Tedin

La gastronomie typique de la pelote basque

Néanmoins, la pelote basque n’est pas la seule activité offerte pas cette institution. Le centre a été fondé par des immigrants d’Iparralde – c’est ainsi qu’on désigne en euskera les trois provinces basques qui appartiennent à l’État français. À l’intérieur des installations se trouve notamment le restaurant qui, dans le respect le plus strict de la gastronomie basque, offre à ses convives un menu très varié.

Les membres de la cuisine ont révelé à BAC que les plats les plus choisis sont les recettes à base de riz, généralement accompagnés de fruits de mer. En outre, ils offrent aussi plusieurs types de poissons, comme du saumon, de la truite et du merlan. La tortilla, les petits poulpes, les crevettes et le jambon sont les entrées basques typiques servies le plus souvent dans ce restaurant.

Une salle à manger plus petite et plus intime, dénommée txoko, peut être louée et utilisée pour des événements. La salle est décorée par des photographies et autres éléments typiques de la culture basque. Comme dans le reste du vieil édifice, situé sur la rue Moreno, les références à l’euskera et aux traditions du Pays Basque sont légion.

Un nouveau nom

Norma Ríos, secrétaire de la Commission Directive et coordinatrice de Culture du Centre rend compte de l’identité de l’institution : « Les gens qui ont fondé le centre étaient nés en Iparralde, dans la partie nord du pays basque. Leurs familles, une fois qu’ils sont morts, ont cessé de venir. Il restait quelques petits-enfants, pas plus ».

C’est pour cette raison, explique-t-elle, que le Centre a commencé à inclure plus de gens, sans différencier de quelle partie du Pays Basque ils venaient – il faut rappeler que cette région se divise entre l’État français et l’espagnol. C’est ainsi qu’arriva Ríos, en 1992 : « Ceux qui sommes venus pour participer aux activités culturelles étions des gens descendants de Basques, mais nous n’étions pas tous d’Iparralde« .

À cette époque se forma la Sous-commission de Culture, qui, respectant l’essence basque de ses six membres initiateurs (Pierre Goyhenespe, Jean Etchelecu, Jean Uhalde, Pierre Uhalde, Joseph Eignatborde et Jean Laxague), commença à mener différentes activités pour maintenir vivantes les traditions apportées depuis Iparralde.

« Quand nous sommes venus ici, nous avons décidé de s lui changer le nom, en commençant à l’appeler Iparraldeko (**). Notre nouvel écusson porte ce nom« , explique Ríos.

Quelques-unes des activités culturelles qui ont été célébrées dernièrement dans l’institution sont la danse basque, le mus – un jeu de cartes typique de la région -, des lectures de livres, des conférences, et, bien sûr, des cours d’euskera, qui aujourd’hui se réalisent de forme virtuelle. Cette langue mystérieuse, dont on sait si peu de choses, est une des plus anciennes d’Europe et unie les Basques de France et d’Espagne en une seule culture.


(*) Le concept de pays se distingue de celui d’état. À l’intérieur d’un État multinational comme l’Espagne, les régions sont appelées pays dans la culture populaire, en particulier parmi les défenseurs d’une plus grande autonomie ou même de l’indépendance desdits pays.

(**) Le mot « Iparraldeko » se traduit par « celui du Nord ». Iparralde, le terme qui fait référence aux trois provinces basques situées en France, signifie « le Nord ».


Centre Basque Français
Moreno 1370 – Monserrat, Ouvert tous les jours

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