“Parte de este mundo”, entrez dans le monde de Raymond Carver

La table est servie : le repas, les boissons, la nappe à carreaux et les invités (public et acteurs) s’assoient autour. Le dîner et la pièce peuvent commencer. Quelqu’un se met à parler, à discuter avec son voisin. Mélangé au public, on ne sait plus trop qui est qui, et ça n’a plus vraiment d’importance car autour de cette table, nous faisons tous partie de ce monde, nous sommes tous pareils, protagonistes et à la fois témoins d’histoires, de sensations, de disputes et retrouvailles.

Comme dans une réunion familiale ou entre amis, les confessions, les débordements, les reproches sont au rendez-vous. Les sentiments affluent. La curiosité, l’identification, la complicité, la fascination, la compassion, et les regrets aussi.

Sans doute, le sentiment prédominant sur scène est celui qui nait de la fraternité face à la vulnérabilité de la condition humaine.

Des personnages qui se cherchent et s’esquivent, se connaissent et s’ignorent, entre la générosité et l’égoïsme. Des personnages qui nous ressemblent, comme ceux que nous aimons et que nous fréquentons, aussi banals et uniques, bouleversants et détestables, tragiques et comiques, fragiles et blessants, seuls. Trop seuls.

Les histoires se déroulent, se croisent, s’interrompent, se fragmentent avec un rythme dynamique soutenu tout le long de la pièce. Du dialogue à la déclamation, en passant par le chant, chaque mot, chaque geste, chaque bouchée et chaque verre est à déguster sans modération.

Partager le repas, le pain et le vin est beaucoup plus qu’un simple dispositif visant à effacer les frontières entre le public et les acteurs, c’est un véritable moment de communion où tout le monde participe et prouve que dans le fond, nous avons tous les mêmes besoins d’amour et d’espoir, les mêmes craintes et démons.

Le repas fini, nous nous levons de table émus et reconnaissants au metteur en scène Adrián Canale de s’être inspiré des nouvelles et des poèmes de Raymond Carver. Ceux qui n’ont pas lu son œuvre en ressentent désormais le besoin et ceux qui l’ont lue réaliseront qu’ils viennent d’assister à une mise en scène et à une représentation sensible, généreuse et intelligente. Dans tous les cas, une découverte merveilleuse.

« Parte de este mundo » au théâtre El Camarín de las musas

de Adrián Canale, inspiré de poèmes et nouvelles de Raymond Carver
Mario Bravo 960-  Almagro

Dimanche, à 20h
Entrée AR$100. Étudiants et retraités AR$80 (avec justificatif)

 

 

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