Alejandro et María Laura, le duo du festival “Indies del Sur”, c’est le Pérou!

Alejandro et María Laura forment un duo d’interprètes péruviens avec déjà cinq ans de carrière et deux disques, produits par Matías Cella, musicien et producteur d’artistes tels que Jorge Drexler et Kevin Johansen. Le 14 Mars on les retrouvera sur la scène du Boris Club avec Luciano Levin dans le cadre de la première édition du festival “Indies del Sur”. Ce festival de musique offre un espace de rencontre, de partage et de découverte à de nombreux artistes contemporains d’Amérique Latine, au delà de toutes frontières. Laissons-leur la parole…

Nous sommes enchantés de participer à la première édition du festival « Indies del Sur ». On sent que ce festival est d’une grande importance pour créer un circuit alternatif pour des groupes et artistes indépendants. Ce genre de musique en Amérique Latine possède un public très restreint au niveau local mais si on commence à élargir le cercle vers de nouvelles villes et pays, on créé un circuit régional avec un public bien plus important. En tant qu’artistes, on sent qu’il y a une communauté musicale qui va au delà de notre ville d’origine. On partage quelque chose avec Luciano Levin et les autres « indies del sur » qui n’a rien à voir avec le genre musical sinon avec la manière de penser, faire et vivre la musique.

Votre duo transmet une grande paix et tranquillité et on ne peut s’empêcher de sourire lorsqu’on écoute votre musique. Pouvez-vous nous raconter un peu comment vous vous êtes rencontrés et l’histoire de vos deux disques « Paracaídas » (Parachute) et « Fiestas para los muertos » (Fêtes pour les morts) ?

Nous nous sommes connus à l’université il y a un peu plus de six ans. Je crois qu’au début on s’est plu et après on a décidé de faire de la musique ensemble, à l’envers du vieil adage « ne mélange pas amour et travail », on s’entend bien comme ça.

« Paracaídas » (2011) est une collection de chansons qui à la base ne formaient pas partie d’un disque, jusqu’à ce qu’on les a agroupées ainsi. C’est un disque d’apprentissage, comme ton premier boulot… avec la seule différence qu’on a eu affaire à des gens très professionnels et talentueux comme Matías Cella et de grands musiciens avec qui on a eu le privilège d’enregistrer en Argentine.

« Fiesta para los muertos » (2013) est un disque différent (même si on a travaillé avec les mêmes artistes et producteur). Ce n’est plus tellement une série de chansons qui se retrouvent ensemble, sinon qu’elles tournent toutes autour d’un même concept. « Fiesta para los muertos » c’est une forme de rendre hommage à nos ancêtres (culturels et musicaux) et aussi de trouver un endroit et un moment dans un pays où la mémoire culturelle n’est pas une priorité. C’est un disque où toutes les chansons ont été pensées pour la production : il y a plus de guitares électriques, plus de voix, plus de tout en fait. Et suivant l’idée que plus on est de fous, plus on rit, on a eu la chance de pouvoir compter sur trois artistes que nous admirons : Javier Barría (Chili), Susana Baca (Pérou) et Kevin Johansen (Argentine) ont participé à trois des douze chansons du disque.

Vous avez une magnifique version de « Barro tal vez » (Boue peut-être) de Spinetta qui donne la chair de poule… et à la fois vous avez des chansons aux paroles pleines de couleur et humour, de belles histoires et des personnages amusants comme dans le clip de « Puedo estar sin ti » (Je peux être sans toi). Comment apparaissent ces histoires et quelles sont vos influences ?

Spinetta est peut-être la raison pour laquelle j’ai commencé à écrire  des chansons (Alejandro), je l’apprécie particulièrement lui et sa musique. J’espère pouvoir transmettre un peu cet amour et respect dans les versions que nous avons fait.

La musique que nous composons naît, la plus part du temps, à partir du jeu. Du jeu en soit, ou d’un besoin ludique peut-être, mais aussi de notre intérêt envers le cinéma, le théâtre et la littérature en général, et à la fois du jeu qui implique composer une chanson à deux. Construire une relation à travers la fiction, créer des alter-ego ou des personnages qui invitent à nous dédoubler pendant trois ou quatre minutes, le temps d’une chanson.

Le duo s’appelle « Alejandro et María Laura » mais ce n’est pas un projet autobiographique. Ou peut-être que si. Nous aimons cette ambigüité d’être et de ne pas être à la fois. De toutes manières, lorsque nous écrivons et composons en tant que personnages, nous avons l’impression que les chansons sont plus universelles et capables de générer plus d’empathie. Certains personnages comme « el Pez Cachetón de China » (le Poisson Joufflu de Chine) arrive à mieux transmettre le fait de se sentir isolé et rejeté que nous mêmes. On voudrait que nos personnages prennent vie et qu’ils deviennent plus intéressants que leurs créateurs. Nos marionnettes (protagonistes du clip « Puedo estar sin ti ») par exemple sont de meilleurs comédiens que nous.

Ce n’est pas votre première fois à Buenos Aires, vous avez déjà enregistré votre premier disque ici et vous vous êtes présentés sur scène avec Kevin Johansen. Le 14 Mars vous allez jouer avec Luciano Levin, pouvez-vous nous en dire plus au sujet de vos rencontres et vos projets cette année ?

Buenos Aires est une ville dans laquelle nous avons toujours envie de retourner car elle vit au rythme de la musique. On en revient toujours avec les valises pleines de disques et avec milles et une idées. Partager du temps avec des personnes aussi aimables et créatives que Kevin (Johansen) et Matías (Cella) es un véritable plaisir. Nous allons connaître personnellement Luciano lors de ce voyage, mais nous avons déjà écouté son travail que l’on apprécie beaucoup. Pour nous, voyager c’est faire de nouvelles rencontres et c’est ce qui nous plait le plus. Du tourisme de personnes en quelque sorte ! Connaître le public local à la sortie d’un concert est beaucoup plus enrichissant que de prendre le bus touristique et revenir avec cent mille photos. La seule différence avec le voyage de cette année, c’est que cette fois c’est prolongé. Pour la première fois nous allons passer beaucoup de temps hors de Lima et cela nous ouvre un panorama de possibilités. L’idée c’est de continuer à voyager, connaître et partager des expériences avec d’autres artistes indépendants. On compte passer par le Chili, la Colombie, les Etats-Unis et le Mexique. Ce voyage ne fait que commencer !

Écoutez le nouvel album du duo Fiesta para los muertos et l’EP de Luciano Levin

Indies del Sur

Alejandro y Maria Laura & Luciano Levin 

14 Mars à 21h30 au Boris Club

Gorriti 5568 – Palermo

Entrées AR$50, AR$70 et VIP AR$100

Réservations: [email protected] ou au (011) 4777-0012 

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