Le guide du petit malfrat porteño

Une bonne dose de second degré est requise pour la lecture de cet article…

Vous êtes agile, rapide et malin comme un singe ? Venez donc à Buenos Aires, la ville idéale pour faire carrière dans le petit banditisme.

- Anuncio -

Chorros, abanicadores, gallos ciegos, biromistas, mecheras, garfios, pungas, boqueteros, escruchantes, arrebatadores, mostaceros, lanzas, bagalleros, pesqueros…. en lunfardo, l’argot argentin, les synonymes ne manquent pas pour désigner les voleurs à la tire et autres pickpockets. Voici quelques pratiques locales inventives ou classiques. Prenez-en de la graine.

PungaFaites subrepticement les poches de votre prochain dans le métro aux heures de pointe. Plongez la main par la fenêtre d’un wagon de train ou d’un bus en train de redémarrer pour pêcher un sac à main ou un téléphone portable. Faites la manche et servez-vous prestement dans le portefeuille ouvert du passant qui cherche une pièce de monnaie. L’intimider s’il proteste, ça marche très bien.

Tachero trucho. Les faux billets offrent des aubaines inouïes, surtout avec les touristes, incapables de les reconnaître. Certains chauffeurs de taxis excellent dans l’art de les refourguer. Après une course, remplacer discrètement le billet tendu par le client par un faux, et le lui faire remarquer. Du coup, le client en sort un deuxième…et rebelote, il est faux aussi, forcément !

MostacerosTrouvez un complice et aspergez la victime de moutarde. Pendant que l’un se précipite gentiment pour nettoyer la soit disant fiente d’oiseau, l’autre lui subtilisera savamment le portefeuille. Variante : dans la rue, appâter le pigeon en jetant au sol une liasse de faux-billets, puis dérober le contenu de ses poches.

Motochorros. Pour celle-ci, vous aurez besoin d’une moto, au pire d’une mobylette, et encore d’un complice. Passez par les avenues en raflant les sacs à mains. Attention aux feux rouges.

Pepita la pistoleraLes moins imaginatifs se procureront une arme ou feront croire qu’ils en ont une coincée à la ceinture (un simple geste suggestif suffit, et personne n’ira vérifier). Puis ils débarqueront tel Billy The Kid dans les cafés de Palermo et dévaliseront les clients qui surfent sur le net avec leurs portables dernier cri. Ils pourront aussi faire le guet devant les distributeurs de billets ou bien surprendre la mémé ou le touriste distrait dans un coin de rue sombre…

Voilà, vous connaissez désormais le B-A BA du petit malfrat, il ne vous reste plus qu’à vous lancer ! Pour parfaire votre formation, nous vous invitons à voir le film Nueve Reinas de Fabian Bielinsky, un fabuleux manuel illustré de la truanderie porteña. Mais sachez quand même que la concurrence est rude !