{"id":157259,"date":"2026-06-24T09:28:14","date_gmt":"2026-06-24T12:28:14","guid":{"rendered":"https:\/\/buenosairesconnect.com\/?p=157259"},"modified":"2026-06-22T22:43:11","modified_gmt":"2026-06-23T01:43:11","slug":"theatre-julian-gimenez-zapiola-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/buenosairesconnect.com\/fr\/theatre-julian-gimenez-zapiola-2\/","title":{"rendered":"Au th\u00e9\u00e2tre et dans la vie: \u00ab\u00a0c&rsquo;est l&rsquo;amiti\u00e9 qui nous sauve\u00a0\u00bb, selon le metteur en sc\u00e8ne Juli\u00e1n Gim\u00e9nez Zapiola"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\" style=\"text-align: center;\"><em>Le vendredi 26 juin \u00e0 20h, la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre \u00ab\u00a0Las siete vidas del gato\u00a0\u00bb est pr\u00e9sentr\u00e9e au P\u00e1ramo Cultural sous la direction de Juli\u00e1n Gim\u00e9nez Zapiola. \u00c0 l&rsquo;affiche tous les vendredis \u00e0 20h, jusqu&rsquo;en ao\u00fbt.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;histoire part d&rsquo;une situation extr\u00eame : un groupe d&rsquo;amis re\u00e7oit le message de l&rsquo;un d&rsquo;eux qui vient de prendre la d\u00e9cision de mettre fin \u00e0 ses jours. Face \u00e0 ce message, les deux autres accourent le plus vite possible pour tenter de le sauver. \u00c0 partir de cet \u00e9pisode, la pi\u00e8ce d\u00e9ploie une r\u00e9flexion sur l&rsquo;amiti\u00e9, les liens affectifs, la d\u00e9pression, les silences et les fa\u00e7ons dont une g\u00e9n\u00e9ration tente \u2014 ou non \u2014 de mettre des mots sur ce qui fait mal.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Juli\u00e1n Gim\u00e9nez Zapiola a 28 ans. Il s&rsquo;est form\u00e9 au <a href=\"https:\/\/buenosairesconnect.com\/fr\/theatres\/\">th\u00e9\u00e2tre<\/a> \u00e0 l&rsquo;Andamio 90, au Timbre 4 et travaille actuellement avec Julieta Abriola. Il a \u00e9t\u00e9 assistant \u00e0 la mise en sc\u00e8ne sur <em>La savia<\/em>, d&rsquo;Ignacio S\u00e1nchez Mestre, et sur <em>Turba<\/em>, mis en sc\u00e8ne par Alejandra Flechner. Il est actuellement assistant sur <em>Menos detalles<\/em>, de Gustavo Tarr\u00edo, et sur <em>Reversible<\/em>, de Mercedes Torre, mis en sc\u00e8ne par Juan Andr\u00e9s Romanazzi.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><b>Buenos Aires Connect : Comment est n\u00e9e l&rsquo;id\u00e9e de raconter cette histoire ?<\/b><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Juli\u00e1n Gim\u00e9nez Zapiola :<\/strong> \u00ab\u00a0<i>Las siete vidas del gato<\/i>\u00a0\u00bb na\u00eet d&rsquo;un fait r\u00e9el, d&rsquo;une exp\u00e9rience personnelle. Mon meilleur ami est aujourd&rsquo;hui en vie, il va bien, mais il y a quelques ann\u00e9es, il nous a envoy\u00e9 un message WhatsApp, \u00e0 moi et \u00e0 un autre ami. Nous formons un groupe de trois. J&rsquo;\u00e9tais en train de rentrer du travail, l&rsquo;autre \u00e9tait tout pr\u00e8s. Quand nous avons lu le message, l&rsquo;urgence \u00e9tait totale : comprendre si c&rsquo;\u00e9tait une blague, ce qui se passait, et comment arriver le plus vite possible.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;autre est arriv\u00e9 en premier, moi ensuite. La situation s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e dans un couloir, avec une porte de salle de bains entre lui et nous. Nous avons veill\u00e9 toute la nuit jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il sorte enfin, et cette nuit-l\u00e0, il ne s&rsquo;est rien pass\u00e9. La pi\u00e8ce na\u00eet de cet \u00e9pisode, m\u00eame si elle embrasse ensuite d&rsquo;autres th\u00e8mes : l&rsquo;amiti\u00e9, la d\u00e9pression, le silence autour du suicide et la difficult\u00e9 \u00e0 mettre tout cela en mots.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><b>BAC : Qu&rsquo;est-ce qui vous int\u00e9ressait \u00e0 explorer derri\u00e8re cet \u00e9v\u00e9nement ?<\/b><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><strong>J. G. Z. :<\/strong> Au d\u00e9part, ce qui m&rsquo;int\u00e9ressait, c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;indicible. La d\u00e9pression, les attaques de panique, l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9, le suicide : ce sont des choses dont on parle peu, m\u00eame si nous en sommes tous proches d&rsquo;une fa\u00e7on ou d&rsquo;une autre. Aujourd&rsquo;hui, les cas sont plus nombreux, ou la prise de conscience plus grande, mais il reste difficile d&rsquo;en parler.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Dans ma famille aussi, le suicide avait frapp\u00e9. Une grand-tante, la marraine de ma m\u00e8re, s&rsquo;est donn\u00e9 la mort quand j&rsquo;\u00e9tais petit. Pendant longtemps, j&rsquo;ai su que cet ant\u00e9c\u00e9dent existait sans jamais vraiment comprendre qui elle \u00e9tait. Cela m&rsquo;a fait prendre conscience de l&rsquo;omerta qui entourait ces sujets autrefois.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Mais lorsque j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire et \u00e0 monter la pi\u00e8ce, autre chose est apparu : l&rsquo;amiti\u00e9. Un tuteur avec lequel j&rsquo;ai travaill\u00e9 le texte, Francisco Graci, me disait que \u00e7a ressemblait davantage \u00e0 une pi\u00e8ce sur \u00e7a. Au d\u00e9but, \u00e7a me heurtait, parce que je voulais parler de la d\u00e9pression. Avec le temps, j&rsquo;ai compris qu&rsquo;il avait raison : l&rsquo;amiti\u00e9, c&rsquo;est aussi ce qui nous sauve. C&rsquo;est ce qui a sauv\u00e9 mon meilleur ami.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><b>BAC : Vous venez d&rsquo;une exp\u00e9rience d&rsquo;assistant \u00e0 la mise en sc\u00e8ne aupr\u00e8s de diff\u00e9rentes figures de la sc\u00e8ne ind\u00e9pendante. Qu&rsquo;avez-vous apport\u00e9 de ces apprentissages dans ce projet ?<\/b><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><strong>J. G. Z. :<\/strong> Tout, au fond. Mes plus grands apprentissages de ces derni\u00e8res ann\u00e9es viennent de ces assistanats et des personnes incroyablement talentueuses avec lesquelles j&rsquo;ai eu la chance de travailler. Ce que j&rsquo;en retiens surtout, c&rsquo;est la fa\u00e7on de construire une \u00e9quipe : si l&rsquo;\u00e9quipe est soud\u00e9e, si elle est heureuse et avance ensemble, tout s&rsquo;enclenche naturellement. Pour moi, c&rsquo;est ce qu&rsquo;il y a de plus n\u00e9cessaire pour qu&rsquo;un projet aboutisse.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Il y a bien s\u00fbr aussi la vision artistique, la sc\u00e9nographie, les lumi\u00e8res, la fa\u00e7on de penser l&rsquo;espace. Mais ce que je retiens le plus de ces metteurs en sc\u00e8ne, c&rsquo;est la conviction qu&rsquo;il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire de cacher les m\u00e9canismes du th\u00e9\u00e2tre. Le public sait d\u00e9j\u00e0 qu&rsquo;il vient voir du th\u00e9\u00e2tre. Cette pi\u00e8ce est assez r\u00e9aliste, mais je ne voulais pas qu&rsquo;elle ressemble \u00e0 un film port\u00e9 sur sc\u00e8ne : je voulais trouver son propre langage th\u00e9\u00e2tral.<\/p>\n<h2><strong>Las siete vidas del gato : une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre entre intimit\u00e9 et urgence<\/strong><\/h2>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><b>BAC : Quels choix esth\u00e9tiques avez-vous faits pour accompagner une histoire aussi intime ?<\/b><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><strong>J. G. Z. :<\/strong> Au d\u00e9part, je cherchais une bo\u00eete noire, un espace petit, presque vide : l&rsquo;\u00eatre humain et une porte. Puis nous avons chang\u00e9 de lieu et sommes arriv\u00e9s au P\u00e1ramo Cultural, qui n&rsquo;est pas une grande salle, mais pas non plus si petite. Cela nous a oblig\u00e9s \u00e0 nous r\u00e9inventer et \u00e0 tirer parti de ce que nous avions.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0<i>Las siete vidas del gato<\/i>\u00a0\u00bb reste une pi\u00e8ce intime, de proximit\u00e9 avec le public. La porte, par exemple, pivote et se transforme en plusieurs choses. Les lumi\u00e8res occupent une place tr\u00e8s importante : elles dessinent les silhouettes des com\u00e9diens, leurs visages, leurs \u00e9tats int\u00e9rieurs. Toute l&rsquo;exp\u00e9rience repose sur ce que le com\u00e9dien apporte et sur la fa\u00e7on dont le public peut en \u00eatre proche.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Il y a des moments oniriques, des moments o\u00f9 les personnages s&rsquo;adressent directement au public. La musique est essentielle. J&rsquo;ai travaill\u00e9 avec Ale Ruiz D\u00edaz, un ami musicien, et nous sommes partis d&rsquo;influences de Nine Inch Nails, un groupe qui aborde la d\u00e9pression avec une noirceur et une densit\u00e9 particuli\u00e8res. Nous voulions apporter quelque chose de cette densit\u00e9 \u00e0 la pi\u00e8ce : certaines sc\u00e8nes repr\u00e9sentent les attaques de panique \u00e0 travers la lumi\u00e8re, le stroboscope, une musique plus m\u00e9tallique et des corps qui se brisent sur sc\u00e8ne. Mais la majeure partie repose sur des sc\u00e8nes r\u00e9elles, port\u00e9es par des com\u00e9diens qui habitent pleinement ce que vivent leurs personnages.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><b>BAC : Les protagonistes sont de jeunes amis. Pensez-vous que la pi\u00e8ce parle d&rsquo;une fa\u00e7on particuli\u00e8re de se lier propre \u00e0 votre g\u00e9n\u00e9ration ?<\/b><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><strong>J. G. Z. :<\/strong> Oui. C&rsquo;est moi qui l&rsquo;\u00e9cris, je suis jeune, et je l&rsquo;ai \u00e9crite \u00e0 partir de mes exp\u00e9riences \u2014 elle parle donc in\u00e9vitablement de la communication de ma g\u00e9n\u00e9ration. Il y a quelque chose dans les maladies mentales qui surgissent aujourd&rsquo;hui avec beaucoup de force, et qui est li\u00e9 aux r\u00e9seaux sociaux, au fait d&rsquo;\u00eatre de plus en plus \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur et de moins en moins dehors. \u00c7a me rend triste de voir des terrains de football \u00e0 cinq vides un vendredi soir, des places d\u00e9sertes. Moi, j&rsquo;ai grandi \u00e0 jouer au ballon dans la rue, \u00e0 sortir, \u00e0 retrouver les autres. Quelque chose de tout cela s&rsquo;est \u00e9rod\u00e9.<\/p>\n<figure id=\"attachment_157250\" aria-describedby=\"caption-attachment-157250\" style=\"width: 1922px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-157250\" src=\"https:\/\/buenosairesconnect.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/7-scaled.jpeg\" alt=\"Le th\u00e9\u00e2tre P\u00e1ramo Cultural ouvre ses portes \u00e0 la pi\u00e8ce de Juli\u00e1n Gim\u00e9nez Zapiola pour tout l'hiver.\" width=\"1922\" height=\"2560\" srcset=\"https:\/\/buenosairesconnect.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/7-scaled.jpeg 1922w, https:\/\/buenosairesconnect.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/7-450x600.jpeg 450w, https:\/\/buenosairesconnect.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/7-961x1280.jpeg 961w, https:\/\/buenosairesconnect.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/7-768x1023.jpeg 768w, https:\/\/buenosairesconnect.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/7-1153x1536.jpeg 1153w, https:\/\/buenosairesconnect.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/7-1537x2048.jpeg 1537w, https:\/\/buenosairesconnect.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/7-315x420.jpeg 315w, https:\/\/buenosairesconnect.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/7-696x927.jpeg 696w, https:\/\/buenosairesconnect.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/7-1068x1423.jpeg 1068w, https:\/\/buenosairesconnect.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/7-1920x2558.jpeg 1920w\" sizes=\"(max-width: 1922px) 100vw, 1922px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-157250\" class=\"wp-caption-text\">Le th\u00e9\u00e2tre P\u00e1ramo Cultural ouvre ses portes \u00e0 la pi\u00e8ce de Juli\u00e1n Gim\u00e9nez Zapiola pour tout l&rsquo;hiver.<\/figcaption><\/figure>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">La pi\u00e8ce n&rsquo;en parle pas directement, mais \u00e7a transpara\u00eet. Elle est autor\u00e9f\u00e9rentielle en ce sens qu&rsquo;elle part de mes liens, de mon exp\u00e9rience et de ma fa\u00e7on de voir comment nous communiquons.<\/p>\n<h2><strong>Le th\u00e9\u00e2tre ind\u00e9pendant de Buenos Aires selon <\/strong><strong>Juli\u00e1n Gim\u00e9nez Zapiola<\/strong><\/h2>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><b>BAC : Buenos Aires est l&rsquo;une des capitales th\u00e9\u00e2trales de la r\u00e9gion. Comment vivez-vous cette sc\u00e8ne de l&rsquo;int\u00e9rieur ?<\/b><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><strong>J. G. Z. :<\/strong> Je la vis avec passion et j&rsquo;adore \u00e7a. Je dis toujours que l&rsquo;Argentine, si elle n&rsquo;est pas l&rsquo;un des meilleurs endroits au monde pour faire du th\u00e9\u00e2tre, il s&rsquo;en faut de peu. Nous avons un th\u00e9\u00e2tre ind\u00e9pendant incroyable.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;ai eu la chance d&rsquo;\u00eatre \u00e0 Londres et d&rsquo;y voir du th\u00e9\u00e2tre, aussi bien des com\u00e9dies musicales commerciales que des mises en sc\u00e8ne de Shakespeare. Il y avait des choses incroyables, mais quand je suis rentr\u00e9 ici, j&rsquo;ai vu des pi\u00e8ces et je me suis dit : nous n&rsquo;avons rien \u00e0 leur envier. J&rsquo;essaie d&rsquo;aller beaucoup au th\u00e9\u00e2tre, voir des amis, des connaissances, des coll\u00e8gues, mais aussi chercher des choses qui m&rsquo;int\u00e9ressent en tant que spectateur. J&rsquo;aime profond\u00e9ment appartenir \u00e0 ce monde.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><b>BAC : Qu&rsquo;est-ce que cela signifie d&rsquo;avoir une pi\u00e8ce \u00e0 soi dans la ville aujourd&rsquo;hui ?<\/b><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><strong>J. G. Z. :<\/strong> Cela signifie \u00e9norm\u00e9ment. Je viens d&rsquo;une famille d&rsquo;artistes, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 entour\u00e9 d&rsquo;artistes toute ma vie et le th\u00e9\u00e2tre a \u00e9t\u00e9 mon berceau. Cela a eu de tr\u00e8s belles choses, mais aussi des peurs, comme me demander si je pouvais vraiment faire \u00e7a.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Alors avoir une pi\u00e8ce, qu&rsquo;elle marche bien ou mal, c&rsquo;est une fa\u00e7on d&rsquo;affirmer : je suis artiste, j&rsquo;en suis capable. J&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 jou\u00e9, assist\u00e9, fait des courts-m\u00e9trages, mais ici j&rsquo;ai le sentiment d&rsquo;accomplir enfin quelque chose de ce d\u00e9sir.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">En m\u00eame temps, c&rsquo;est un chemin exigeant. Les d\u00e9lais, c&rsquo;est nous qui les fixons et nous les adaptons comme nous pouvons : \u00e0 la vie, \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie, aux th\u00e9\u00e2tres, aux disponibilit\u00e9s. Tant qu&rsquo;on n&rsquo;a pas de subvention, un public r\u00e9gulier ou une saison qui tourne, tout repr\u00e9sente une d\u00e9pense. Et Buenos Aires a une offre th\u00e9\u00e2trale immense : il faut r\u00e9ussir \u00e0 se d\u00e9marquer parmi une offre pl\u00e9thorique.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><b>BAC : Qu&rsquo;est-ce que le <a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/paramo_cultural\/?hl=es\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">P\u00e1ramo Cultural<\/a> a qui vous a attir\u00e9s pour y cr\u00e9er ?<\/b><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><strong>J. G. Z. :<\/strong> D&rsquo;abord, les gens. Je les connais depuis quelques ann\u00e9es, j&rsquo;ai travaill\u00e9 avec eux et c&rsquo;est une famille. C&rsquo;est un endroit o\u00f9 l&rsquo;on respire vraiment l&rsquo;art : il y a un th\u00e9\u00e2tre en haut, une salle de musique en bas, ils organisent des festivals en plein air. Ils nous traitent comme des pairs, nous n&rsquo;avons pas l&rsquo;impression qu&rsquo;ils ne cherchent qu&rsquo;\u00e0 remplir les jauges. Pour moi, c&rsquo;est essentiel.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">En plus, j&rsquo;aime beaucoup <a href=\"https:\/\/buenosairesconnect.com\/fr\/boedo-ou-le-temps-semble-setre-arrete\/\">Boedo<\/a> pour faire du th\u00e9\u00e2tre. Il y a une vraie communaut\u00e9 artistique autour, la salle est tr\u00e8s bien \u00e9quip\u00e9e et quand on se sent bien dans un endroit, tout avance mieux.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><b>BAC : Si vous deviez inviter quelqu&rsquo;un qui ne va jamais au th\u00e9\u00e2tre, pourquoi devrait-il venir voir cette pi\u00e8ce ?<\/b><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><strong>J. G. Z. :<\/strong> Parce qu&rsquo;il se sentira proche de l&rsquo;histoire. J&rsquo;ai \u00e9crit \u00ab\u00a0<i>Las siete vidas del gato<\/i>\u00a0\u00bb \u00e0 partir d&rsquo;une exp\u00e9rience tr\u00e8s personnelle, mais aussi tr\u00e8s universelle. Je ne me suis pas r\u00e9fugi\u00e9 dans quelque chose de lointain ou d&rsquo;\u00e9trange : j&rsquo;ai cherch\u00e9 quelque chose de reconnaissable. Le public va s&rsquo;asseoir pour regarder un groupe d&rsquo;amis. Il y aura des moments o\u00f9 il rira, des moments o\u00f9 il voudra fuir et des moments o\u00f9 il pleurera. Dans un monde o\u00f9 tant de choses semblent lointaines, se sentir proche de quelque chose me para\u00eet pr\u00e9cieux.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><b>BAC : Quels projets avez-vous apr\u00e8s cette premi\u00e8re ?<\/b><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><strong>J. G. Z. :<\/strong> Pour l&rsquo;instant, je me consacre \u00e0 mes travaux d&rsquo;assistant et je joue dans une pi\u00e8ce de Tom\u00e1s de L\u00e1zar. Apr\u00e8s la premi\u00e8re, je veux m&rsquo;asseoir et \u00e9crire une com\u00e9die romantique que j&rsquo;ai en t\u00eate. Le groupe qui s&rsquo;est form\u00e9 dans ce projet est tr\u00e8s particulier, j&rsquo;aimerais donc continuer \u00e0 travailler avec eux.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le vendredi 26 juin \u00e0 20h, la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre \u00ab\u00a0Las siete vidas del gato\u00a0\u00bb est pr\u00e9sentr\u00e9e au P\u00e1ramo Cultural sous la direction de Juli\u00e1n Gim\u00e9nez Zapiola. \u00c0 l&rsquo;affiche tous les vendredis \u00e0 20h, jusqu&rsquo;en ao\u00fbt. 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