{"id":157018,"date":"2026-05-21T10:33:32","date_gmt":"2026-05-21T13:33:32","guid":{"rendered":"https:\/\/buenosairesconnect.com\/?p=157018"},"modified":"2026-05-20T10:38:50","modified_gmt":"2026-05-20T13:38:50","slug":"splatter-rojo-sangre-theatre-villa-crespo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/buenosairesconnect.com\/fr\/splatter-rojo-sangre-theatre-villa-crespo\/","title":{"rendered":"Th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Villa Crespo: \u00ab\u00a0Splatter Rojo Sangre\u00a0\u00bb, le plaisir de l&rsquo;horreur fait main"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><i><span style=\"font-weight: 400;\">Sang, ombres et frisson morbide dans un spectacle qui ressuscite la tradition du Grand Guignol pour parler d&rsquo;une \u00e9poque travers\u00e9e par la violence comme divertissement. Jusqu&rsquo;au 30 mai \u00e0 Villa Crespo.<\/span><\/i><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">Que se passerait-il si un malentendu \u00e9clatait au sein d&rsquo;un groupe de th\u00e9rapie collective ? La personne qui anime la s\u00e9ance pourrait probablement d\u00e9samorcer le conflit avant qu&rsquo;il ne tourne mal.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">Mais dans <\/span><a href=\"https:\/\/www.alternativateatral.com\/obra96308-splatter-rojo-sangre\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><i><span style=\"font-weight: 400;\">Splatter Rojo Sangre<\/span><\/i><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">, le probl\u00e8me est tout autre : les participants du groupe sont des tueurs en s\u00e9rie, et l&rsquo;animateur de la s\u00e9ance est qui plus est un pr\u00e9dateur sexuel. Le spectacle se joue au Fandango Teatro, dans le quartier de <a href=\"https:\/\/buenosairesconnect.com\/fr\/villa-crespo-un-quartier-aux-milles-saveurs\/\">Villa Crespo<\/a>, tout au long du mois de mai (avec une pause pour le mois de la Coupe du monde). Daniel Dalmaroni signe le texte et Alexis Quartino la mise en sc\u00e8ne, construisant ensemble un spectacle o\u00f9 la terreur, le grotesque et le gore deviennent exp\u00e9rience collective.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><b>Splatter Rojo Sangre : un compte \u00e0 rebours vers le d\u00e9sastre<\/b><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">\u00c0 peine entr\u00e9 en salle, une silhouette enti\u00e8rement v\u00eatue de noir accueille les spectateurs au son d&rsquo;une m\u00e9lodie inqui\u00e9tante au violon. Un tic-tac persistant s&rsquo;installe aussit\u00f4t, qui traverse toute la pi\u00e8ce. Plus que le passage du temps, ce son fonctionne comme une minuterie de l&rsquo;in\u00e9vitable : quelque chose va exploter. Une sensation constante de compte \u00e0 rebours s&rsquo;installe, comme si chaque confession et chaque interaction rapprochaient un peu plus les personnages du point de rupture.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">Au fil des sc\u00e8nes apparaissent des figures famili\u00e8res pour tout fan de films d&rsquo;horreur : la femme enfantine qui se plaint de d\u00e9mangeaisons intimes apr\u00e8s avoir achet\u00e9 un string dans la rue ; une autre qui sanglote inconsolablement en s&rsquo;agrippant \u00e0 un chapelet, comme si la culpabilit\u00e9 pouvait encore la sauver ; un homme en bretelles aux mains raides semble incapable de contenir la violence qui le traverse ; la veuve noire, l&#8217;empoisonneuse, le tueur sexuel, la victime devenue monstre apr\u00e8s une histoire d&rsquo;abus, le criminel impulsif qui tue dans un d\u00e9lit de fuite. La pi\u00e8ce comprend parfaitement quelque chose d&rsquo;essentiel : les amateurs d&rsquo;horreur aiment reconna\u00eetre leurs arch\u00e9types.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><b>Le th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;horreur et la tradition du Grand Guignol<\/b><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><i><span style=\"font-weight: 400;\">Splatter Rojo Sangre<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> ne cherche pas \u00e0 \u00e9chapper au clich\u00e9, mais \u00e0 l&rsquo;utiliser comme langage commun. Il y a quelque chose de profond\u00e9ment ludique dans cette reconnaissance. Le spectateur sait quel type de personnage il a devant lui avant m\u00eame que le personnage n&rsquo;ouvre la bouche. La pi\u00e8ce travaille sur la m\u00e9moire collective du slasher, du cin\u00e9ma d&rsquo;exploitation et du gore pour construire une exp\u00e9rience qui oscille entre malaise, humour noir et exc\u00e8s.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">Mais l&rsquo;aspect peut-\u00eatre le plus int\u00e9ressant de la mise en sc\u00e8ne r\u00e9side dans la fa\u00e7on dont elle ressuscite une tradition th\u00e9\u00e2trale aujourd&rsquo;hui oubli\u00e9e : celle du Grand Guignol parisien de la fin du XIXe si\u00e8cle et du d\u00e9but du XXe. Dans ce th\u00e9\u00e2tre-l\u00e0, le public venait pr\u00e9cis\u00e9ment pour assister \u00e0 des mutilations, des meurtres, du faux sang et des effets sp\u00e9ciaux artisanaux. Il ne s&rsquo;agissait pas seulement de peur, mais aussi de fascination.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">Le sang, les organes et les blessures expos\u00e9es faisaient partie du spectacle. Et le spectateur trouvait son plaisir pr\u00e9cis\u00e9ment dans cet artifice visible. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Splatter Rojo Sangre<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> s&rsquo;inscrit dans cette m\u00eame logique. La pi\u00e8ce revendique le trucage th\u00e9\u00e2tral : le sang exag\u00e9r\u00e9, les visc\u00e8res factices, les corps difformes et la th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 explicite de l&rsquo;horreur ne cherchent pas le r\u00e9alisme, mais l&rsquo;impact.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">\u00c0 une \u00e9poque domin\u00e9e par les effets num\u00e9riques et les \u00e9crans, le spectacle renoue avec quelque chose d&rsquo;artisanal. Le gore fonctionne ici comme m\u00e9canisme sc\u00e9nique, \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;une attraction de f\u00eate foraine macabre o\u00f9 le public savoure autant le frisson que la m\u00e9canique qui le produit.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><b>Quand le th\u00e9\u00e2tre se fait cin\u00e9ma<\/b><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">La mise en sc\u00e8ne trouve \u00e9galement des moments particuli\u00e8rement forts dans le travail de la lumi\u00e8re et des ombres. \u00c0 un moment, les corps sont projet\u00e9s, d\u00e9form\u00e9s, sur une surface \u00e9clair\u00e9e, g\u00e9n\u00e9rant des images qui \u00e9voquent \u00e0 la fois l&rsquo;expressionnisme allemand et le cin\u00e9ma <em>slasher<\/em>.<\/span><\/p>\n<figure id=\"attachment_157020\" aria-describedby=\"caption-attachment-157020\" style=\"width: 1080px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-157020\" src=\"https:\/\/buenosairesconnect.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/3-fotos-tomadas-de-IG@splatter_rojo_sangre.webp\" alt=\"Dans Splatter rojo sangre, le th\u00e9\u00e2tre se fait cin\u00e9ma. Photo : courtoisie.\" width=\"1080\" height=\"1440\" srcset=\"https:\/\/buenosairesconnect.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/3-fotos-tomadas-de-IG@splatter_rojo_sangre.webp 1080w, https:\/\/buenosairesconnect.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/3-fotos-tomadas-de-IG@splatter_rojo_sangre-450x600.webp 450w, https:\/\/buenosairesconnect.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/3-fotos-tomadas-de-IG@splatter_rojo_sangre-960x1280.webp 960w, https:\/\/buenosairesconnect.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/3-fotos-tomadas-de-IG@splatter_rojo_sangre-768x1024.webp 768w, https:\/\/buenosairesconnect.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/3-fotos-tomadas-de-IG@splatter_rojo_sangre-315x420.webp 315w, https:\/\/buenosairesconnect.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/3-fotos-tomadas-de-IG@splatter_rojo_sangre-696x928.webp 696w, https:\/\/buenosairesconnect.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/3-fotos-tomadas-de-IG@splatter_rojo_sangre-1068x1424.webp 1068w\" sizes=\"(max-width: 1080px) 100vw, 1080px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-157020\" class=\"wp-caption-text\">Dans Splatter rojo sangre, le th\u00e9\u00e2tre se fait cin\u00e9ma. Photo : courtoisie.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">Ce travail visuel est l&rsquo;une des grandes r\u00e9ussites de la mise en sc\u00e8ne, car il permet \u00e0 l&rsquo;horreur de ne pas reposer uniquement sur le choc gore. Il y a une mise en sc\u00e8ne qui sait que la terreur peut aussi na\u00eetre de l&rsquo;image, et pas seulement du sang.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><strong>Le plaisir de la violence<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">Nous vivons entour\u00e9s d&rsquo;images violentes. Les r\u00e9seaux sociaux, les journaux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s, le true crime et les discours politiques agressifs ont transform\u00e9 la violence en une forme suppl\u00e9mentaire de circulation visuelle. Dans ce contexte, le gore cesse d&rsquo;\u00eatre une esth\u00e9tique marginale pour devenir un miroir d\u00e9formant de l&rsquo;\u00e9poque.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">Loin de chercher le prestige solennel du th\u00e9\u00e2tre traditionnel, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Splatter Rojo Sangre<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> revendique l&rsquo;exc\u00e8s et le mauvais go\u00fbt comme une esth\u00e9tique \u00e0 part enti\u00e8re. Et c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que r\u00e9side une grande partie de sa puissance. C&rsquo;est un spectacle pens\u00e9 pour les fans du genre horrifique, pour ceux qui ont grandi en regardant des slashers, des films d&rsquo;exploitation et du cin\u00e9ma de s\u00e9rie B satur\u00e9 de sang et d&rsquo;effets chocs.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">Mais il fonctionne aussi comme un rappel qu&rsquo;il existe d&rsquo;autres fa\u00e7ons possibles de faire du th\u00e9\u00e2tre. Des propositions o\u00f9 l&rsquo;artifice, le choc et le morbide ne sont pas des d\u00e9fauts, mais le c\u0153ur du dispositif.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">Car sous le faux sang, les ombres et les organes expos\u00e9s, quelque chose de plus inqui\u00e9tant transpara\u00eet : une soci\u00e9t\u00e9 qui, depuis longtemps, a fait de la violence un spectacle.<\/span><\/p>\n<h2><strong>O\u00f9 boire un verre et grignoter \u00e0 Villa Crespo, avant ou apr\u00e8s la repr\u00e9sentation ?<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">En sortant, le quartier offre quelques bonnes adresses aux prix accessibles et \u00e0 la bonne cuisine :<\/span><\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/eltoritovillacrespo\/?hl=es-la\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span style=\"font-weight: 400;\">El Torito de Villa Crespo<\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400;\"> : \u00e9conomique, parrilla style bodeg\u00f3n et des plats g\u00e9n\u00e9reux \u00e0 partager<\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/molino_norteno\/?hl=es\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Molino Norte\u00f1o<\/a><span style=\"font-weight: 400;\"> : les empanadas et le tamal y sont particuli\u00e8rement recherch\u00e9s.<\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/elchiridvk\/?hl=es\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">El Chiri de Villa Kreplaj<\/a><span style=\"font-weight: 400;\"> : cuisine juive avec une touche de magie, comme le dit sa description.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sang, ombres et frisson morbide dans un spectacle qui ressuscite la tradition du Grand Guignol pour parler d&rsquo;une \u00e9poque travers\u00e9e par la violence comme divertissement. Jusqu&rsquo;au 30 mai \u00e0 Villa Crespo. Que se passerait-il si un malentendu \u00e9clatait au sein d&rsquo;un groupe de th\u00e9rapie collective ? La personne qui anime la s\u00e9ance pourrait probablement d\u00e9samorcer [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":225,"featured_media":157015,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1046,5280,2290],"tags":[],"coauthors":[9745],"class_list":["post-157018","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-theatre-art-et-culture","category-sortir","category-se-cultiver"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/buenosairesconnect.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/157018","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/buenosairesconnect.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/buenosairesconnect.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/buenosairesconnect.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/225"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/buenosairesconnect.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=157018"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/buenosairesconnect.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/157018\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":157023,"href":"https:\/\/buenosairesconnect.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/157018\/revisions\/157023"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/buenosairesconnect.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/157015"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/buenosairesconnect.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=157018"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/buenosairesconnect.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=157018"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/buenosairesconnect.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=157018"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/buenosairesconnect.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=157018"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}