{"id":156107,"date":"2026-02-18T13:32:02","date_gmt":"2026-02-18T16:32:02","guid":{"rendered":"https:\/\/buenosairesconnect.com\/?p=156107"},"modified":"2026-03-27T11:20:00","modified_gmt":"2026-03-27T14:20:00","slug":"larevue4-top7-marc-delecourt","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/buenosairesconnect.com\/fr\/larevue4-top7-marc-delecourt\/","title":{"rendered":"Marc Delecourt Fern\u00e1ndez, cumbia champagne"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><em>L&rsquo;artiste franco-espagnol <strong>Marc Delecourt Fern\u00e1ndez<\/strong>, connu sous le nom de <strong>Dele GT<\/strong> sur les r\u00e9seaux sociaux, a traduit en fran\u00e7ais un genre populaire qu&rsquo;il a fait sien.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">Le souvenir est intact. Sa petite amie Delfina l&rsquo;installe dans le canap\u00e9 et l&rsquo;avertit : \u00ab Pr\u00e9pare-toi, t&rsquo;es pr\u00eat ? \u00bb En ce midi ensoleill\u00e9 de d\u00e9cembre 2022, lors de son tout premier voyage \u00e0 Buenos Aires, Marc Delecourt Fern\u00e1ndez \u2014 biologiste en herbe et m\u00e9lomane inv\u00e9t\u00e9r\u00e9 \u2014 attrape le virus de la cumbia argentine. C&rsquo;est son bapt\u00eame du feu : les Wachiturros \u00e0 fond, le sous-genre <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">villero<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> r\u00e9sonnant dans le salon familial. Un choc culturel qui le laisse d\u00e9sorient\u00e9. Et fascin\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">\u00c0 partir de cette premi\u00e8re rencontre \u2014 d\u00e9concertante, pour qui ne le serait pas ? \u2014 avec les Wachiturros et le sous-genre <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">villero<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, le jeune Franco-Espagnol d\u00e9cide de faire quelque chose pour propager cette rumeur urbaine lointaine, inqui\u00e9tante et terriblement accrocheuse. \u00ab J&rsquo;ai toujours ador\u00e9 la musique et j&rsquo;aime explorer de nouveaux champs de connaissance \u00bb, confie Marc, 26 ans. Tel un anthropologue musical, il a trouv\u00e9 dans les rythmes du R\u00edo de la Plata de quoi nourrir ses deux passions.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><b>Fan du keytar<\/b><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">Cette immersion v\u00e9cue \u00e0 No\u00ebl 2022, dans la famille de Delfina, constitue un avant et un apr\u00e8s. C&rsquo;est le jour o\u00f9 Marc, qui a conserv\u00e9 son accent p\u00e9ninsulaire, a \u00ab compl\u00e8tement flip\u00e9 \u00bb. \u00ab Apr\u00e8s l&rsquo;asado, ils ont commenc\u00e9 \u00e0 mettre de la cumbia et du cuarteto, ma belle-m\u00e8re dansait sur \u00ab\u00a0Amor clasificado\u00a0\u00bb de Rodrigo et je me suis dit : \u00ab\u00a0Wow, c&rsquo;est quoi cette musique ?!\u00a0\u00bb Pour moi c&rsquo;\u00e9tait dingue, en venant des r\u00e9veillons hivernaux de France et des chants de No\u00ebl espagnols. \u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">De m\u00e8re barcelonaise et de p\u00e8re originaire de la capitale de la Champagne, Marc est n\u00e9 \u00e0 Paris et a grandi entre une poign\u00e9e de villes \u2014 Madrid, Barcelone, Boston, Nancy \u2014, toujours scolaris\u00e9 dans des lyc\u00e9es fran\u00e7ais. \u00ab Les Fran\u00e7ais, on est partout dans le monde et on adore partager, ou entre guillemets \u00ab\u00a0vendre\u00a0\u00bb notre culture \u00bb, dit celui qui apporte d\u00e9sormais sa propre contribution en faisant sonner plus gaulois le keytar, ce clavier-guitare popularis\u00e9 par Pablito Lescano.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">Dipl\u00f4m\u00e9 en biologie \u00e0 Barcelone, il a \u00e9t\u00e9 chercheur pendant un an, a tout arr\u00eat\u00e9, a travaill\u00e9 dans la vente, comme r\u00e9p\u00e9titeur, comme professeur, et sorti deux disques en espagnol avec ses propres chansons. Dans <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Coraz\u00f3n abierto<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> et <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Historia de una pista de baile<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, de pop urbaine, rien ne laisse encore deviner son attrait pour la cumbia argentine \u2014 on peine m\u00eame \u00e0 imaginer le culot qu&rsquo;il maniait avec tant de naturel \u00e0 peine deux ans plus tard.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">\u00ab Je chante depuis 2015, mais \u00e7a n&rsquo;allait pas, je ne me sentais pas en phase avec ce que je faisais et j&rsquo;avais l&rsquo;impression de renier une partie de moi en chantant uniquement en espagnol. \u00bb Le d\u00e9clic arrive quand le p\u00e8re d&rsquo;une de ses \u00e9l\u00e8ves lui conseille de prendre une matrice, une colonne et une ligne. Familier du vocabulaire math\u00e9matique, Marc saisit le message : il fallait projeter deux id\u00e9es sans rapport l&rsquo;une avec l&rsquo;autre et relier ces deux points, comme le trait qui guide le petit chien vers sa maison dans les labyrinthes pour enfants. \u00ab C&rsquo;est l\u00e0 que je me suis d\u00e9fini : j&rsquo;allais enseigner avec la musique\u2026 et traduire des chansons. \u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">Avant de trouver sa voie dans la cumbia argentine, Marc avait sillonn\u00e9 le vaste territoire de la pop internationale, guid\u00e9 par une seule question : <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">et en fran\u00e7ais, \u00e7a donnerait quoi ?<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> Sa reprise franchute de <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Los \u00c1ngeles<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> d&rsquo;Aitana \u2014 repost\u00e9e par la chanteuse elle-m\u00eame \u2014, celle de <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Provenza<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, le hit de Karol G, ou encore sa version de <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Mariposa Tecknicolor<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> de Fito P\u00e1ez ont attir\u00e9 l&rsquo;attention des publics colombien et mexicain. Marc a encha\u00een\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 une vid\u00e9o par jour, rendant chacune virale \u00e0 son tour. En parall\u00e8le, il a d\u00e9croch\u00e9 un master en Marketing \u00e0 Madrid, o\u00f9 il r\u00e9side aujourd&rsquo;hui. La cl\u00e9 du succ\u00e8s \u2014 rappelons que Bizarrap \u00e9tait \u00e9tudiant dans la m\u00eame fili\u00e8re \u00e0 l&rsquo;UADE.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">Mais comment passe-t-on du chanteur bien coiff\u00e9 au gars en t-shirt de foot, visi\u00e8re, qui tire quelques pas de danse avec un mate ou un vino en Tetra Brick \u00e0 la main ? Si c&rsquo;est son p\u00e8re fran\u00e7ais qui l&rsquo;a initi\u00e9 \u00e0 la musique d\u00e8s l&rsquo;enfance avec Led Zeppelin, c&rsquo;est son beau-p\u00e8re argentin qui l&rsquo;a pouss\u00e9 \u00e0 avancer dans son projet. Il l&rsquo;a aussi introduit au rock nacional, \u00e0 Charly, Ser\u00fa Gir\u00e1n et Spinetta. Quand Marc a aper\u00e7u la vague d&rsquo;argentinisation qui d\u00e9ferlait sur lui, il a d\u00e9cid\u00e9 de prendre sa planche et de surfer. \u00ab Ma copine a pris \u00e7a comme une v\u00e9ritable mission \u00bb, analyse le jeune homme, qui a su s&rsquo;impr\u00e9gner de l&rsquo;esth\u00e9tique cumbiera. Avec cet \u00e9lan, il a encha\u00een\u00e9 les reprises, attirant l&rsquo;attention de groupes comme Amar Azul, Supermerk2 et d&rsquo;autres poids lourds de la sc\u00e8ne, pour chanter ensemble.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">\u00ab Dans d&rsquo;autres pays, la distance entre les artistes \u00e9tablis et les \u00e9mergents est tr\u00e8s marqu\u00e9e. En Argentine, c&rsquo;est diff\u00e9rent \u00bb, confie Marc, encore frapp\u00e9 qu&rsquo;un groupe avec quarante ans de carri\u00e8re comme Amar Azul l&rsquo;ait invit\u00e9 \u00e0 chanter avec eux \u00e0 Madrid. \u00ab D&rsquo;un coup, les Pibes Chorros m&rsquo;ont re\u00e7u chez eux, en famille \u00bb, se souvient le chanteur, qui, en janvier 2025, accompagn\u00e9 des Charros et d&rsquo;Andy de los Altos Cumbieros, s&rsquo;est produit au Niceto Club avec sa premi\u00e8re cumbia : <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Re loco<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">\u00ab Mes coll\u00e8gues sont encore \u00e9tonn\u00e9s que je chante de la cumbia en fran\u00e7ais. Pour eux c&rsquo;est de la folie, parce que \u00e7a prouve que la cumbia n&rsquo;est pas seulement de la musique de banlieue : elle va bien plus loin \u00bb, affirme Marc, qui travaille \u00e0 mi-temps dans un commerce pour pouvoir consacrer de l&rsquo;\u00e9nergie \u00e0 ses reprises. Il se concentre aujourd&rsquo;hui sur la production de son prochain disque, qu&rsquo;il sortira fin 2026, avec des compositions originales. L&rsquo;album se d\u00e9clinera en trois actes \u2014 Am\u00e9rique du Nord, Centrale et du Sud \u2014 et b\u00e9n\u00e9ficiera de la collaboration de r\u00e9f\u00e9rences de tout le continent, avec une place de choix r\u00e9serv\u00e9e au pays et au genre qui l&rsquo;ont adopt\u00e9 avec tant de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<h2><b>Les 7 \u00ab\u00a0hits\u00a0\u00bb argentins, par Dele GT<\/b><\/h2>\n<p><i><span style=\"font-weight: 400;\">\u00ab Ma relation avec la musique argentine a commenc\u00e9 par amour. \u00bb<\/span><\/i><\/p>\n<h3><b>Seminare, Ser\u00fa Gir\u00e1n (1978)<\/b><\/h3>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Ce fut la premi\u00e8re chanson de rock nacional que ma petite amie argentine m&rsquo;a fait d\u00e9couvrir. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas seulement une recommandation : c&rsquo;\u00e9tait la cl\u00e9 d&rsquo;un univers culturel enti\u00e8rement nouveau pour moi. Ce fut aussi le pont qui m&rsquo;a rapproch\u00e9 de mon beau-p\u00e8re. \u00c0 travers le rock nacional \u2014 ce langage qui est pour lui identit\u00e9, \u00e9motion et m\u00e9moire \u2014 j&rsquo;ai trouv\u00e9 une fa\u00e7on de me connecter \u00e0 son monde, de partager des conversations, des anecdotes et des silences que seule la musique sait traduire.<\/span><\/p>\n<h3><b>11 y 6, Fito P\u00e1ez (1985)<\/b><\/h3>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">En 2023, j&rsquo;ai travers\u00e9 beaucoup de changements, et la s\u00e9rie documentaire sur Fito P\u00e1ez est arriv\u00e9e au moment pr\u00e9cis o\u00f9 ma vie avait besoin de sensibilit\u00e9 et de v\u00e9rit\u00e9. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">11 y 6<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> est devenu un refuge ; je l&rsquo;\u00e9coutais en marchant dans Madrid comme on s&rsquo;accroche \u00e0 une histoire qu&rsquo;on n&rsquo;a pas v\u00e9cue, mais qu&rsquo;on ressent profond\u00e9ment.<\/span><\/p>\n<h3><b>De m\u00fasica ligera, Soda Stereo (1990)<\/b><\/h3>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Ce fut un impact imm\u00e9diat. Elle m&rsquo;a prouv\u00e9 que le rock en espagnol pouvait lui aussi sonner universel. Une r\u00e9v\u00e9lation esth\u00e9tique et \u00e9motionnelle ; depuis, je n&rsquo;ai plus aucun doute : Soda est le meilleur groupe de rock en espagnol.<\/span><\/p>\n<h3><b>Yo tomo licor, Amar Azul (1996)<\/b><\/h3>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Ce titre m&rsquo;est d&rsquo;abord arriv\u00e9 comme une curiosit\u00e9, quelque chose que je chantais pour m&rsquo;amuser\u2026 jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 je l&rsquo;ai interpr\u00e9t\u00e9 en France et en fran\u00e7ais. La r\u00e9action du public a \u00e9t\u00e9 si explosive que j&rsquo;ai compris son pouvoir. Quand je suis all\u00e9 en Argentine, la cumbia est devenue autre chose : le genre qui m&rsquo;a rapproch\u00e9 du peuple. En f\u00eates, en concerts, dans les quartiers, les studios, les taxis\u2026 La cumbia est devenue un langage. Gr\u00e2ce \u00e0 elle, j&rsquo;ai cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre un visiteur pour appartenir, l&rsquo;espace d&rsquo;un instant, au paysage.<\/span><\/p>\n<h3><b>Seguir viviendo sin tu amor, Luis Alberto Spinetta (1991)<\/b><\/h3>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Sa sensibilit\u00e9 m&rsquo;a fascin\u00e9. Parfaite, presque transparente. C&rsquo;est l&rsquo;une de ces chansons qu&rsquo;on n&rsquo;\u00e9coute pas seulement : on les ressent.<\/span><\/p>\n<h3><b>Amores como el nuestro, Los Charros (1996)<\/b><\/h3>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">En plus de trouver cette chanson magnifique, elle a une valeur particuli\u00e8re depuis que j&rsquo;ai pu collaborer avec le groupe. \u00c7a a marqu\u00e9 un avant et un apr\u00e8s : je n&rsquo;interpr\u00e9tais plus seulement de la musique argentine, je commen\u00e7ais \u00e0 en faire partie.<\/span><\/p>\n<h3><b>La resaka (2003), Supermerk2 et \u00a1Qu\u00e9 calor! (2003), Pibes Chorros<\/b><\/h3>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Des hymnes \u00e0 la f\u00eate et \u00e0 l&rsquo;ivresse collective. Quand je les chante en concert, l&rsquo;atmosph\u00e8re est indescriptible : c&rsquo;est de l&rsquo;adr\u00e9naline, c&rsquo;est la f\u00eate, c&rsquo;est un battement collectif. Au fond, cette playlist involontaire s&rsquo;est transform\u00e9e en ma propre histoire : une histoire qui a commenc\u00e9 avec une personne, a grandi avec une famille qui m&rsquo;a adopt\u00e9, et s&rsquo;est consolid\u00e9e avec toute une communaut\u00e9 qui m&rsquo;a accueilli \u00e0 travers la cumbia.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;artiste franco-espagnol Marc Delecourt Fern\u00e1ndez, connu sous le nom de Dele GT sur les r\u00e9seaux sociaux, a traduit en fran\u00e7ais un genre populaire qu&rsquo;il a fait sien. Le souvenir est intact. 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