TOP : Où boire un bon gin tonic à Buenos Aires ?

gin tonic buenos aires

J’ai lu il y a quelques jours une étude selon laquelle les personnes qui apprécient le gin tonic sont enclines à la psychopathie, tout comme les amateurs de café et de chocolat noir. C’est, paraît-il, un trouble qui associe le plaisir aux goûts amers.

Dans cette perspective, il est facile d’expliquer pourquoi, dans une ville comme Buenos Aires, où les klaxons, les gens qui se plaignent ou qui s’insultent sont monnaient courante, nous soyons fans des trois. Et en ce moment, nous vivons particulièrement un printemps des cocktails, avec une floraison de gins artisanaux et nationaux qui guérissent presque notre antipathie (ou l’exacerbent, selon l’étude que nous lisons).

Disons-le tout haut : la frénésie que réveille ce cocktail digestif n’est ni née d’hier, ni en Argentine (mais au XIXe siècle en Europe) et elle n’est pas uniquement associée à des troubles de la personnalité (?), disons que c’est plutôt une boisson facile. Elle convient à ceux qui sirotent leurs premiers spiritueux ainsi qu’à ceux qui ont un palais raffiné, à ceux qui cherchent à se rafraîchir toute l’année comme à ceux qui apprécient les alcools forts. Si c’était un ami, le gin tonic serait celui qui apporte le dessert, raconte des blagues de salon et ne s’en va jamais sans payer sa part.

Où trouver ses meilleures versions dans la ville qui ne dort jamais et ne connait pas la gueule de bois ?

Lauvateca, notre gin de tous les jours

Une boutique dédiée exclusivement au gin ? Cela et bien plus encore.

La Lauvateca de San Telmo ne vend que des boissons nationales (saint remède à l’impérialisme !) et parmi celles-ci, on trouve une gamme intéressante de gins artisanaux (sans doute l’offre la plus variée de la ville). Parmi leurs étiquettes, citons Hilbing, Heráclito, Heredero, Restinga, Gin del Marqués.

Visiter la boutique, goûter un doigt du gin qui vous a tapé dans l’œil et emporter quelques bouteilles à un excellent prix constitue un super plan à faire entre amis.

Le Gin Club de Buenos Aires 

Les frères Moretti font partie des avant-gardistes qui ont lancé la folie du gin dans la ville. Depuis juillet 2016, Bruno et Franco travaillent dans leur propre micro-distillerie depuis laquelle ils ont lancé leur « Buenos Aires Gin », composé de 13 plantes médicinales et portant le cachet de Cipolletti, leur ville d’origine. En 2019, ils ont également lancé Caporale, un deuxième gin vieilli en fûts de chêne.

Leurs boissons peuvent être dégustées sous différentes combinaisons dans de nombreux restaurants et bars de la ville. Mais nous vous recommandons tout particulièrement de suivre le Gin Club de Buenos Aires, dont les dates sont annoncées dans des endroits spéciaux pour donner libre cours au « fanatisme du gin ».

Positionner le gin face à l’hégémonie des bières artisanales, des verres Garibaldi (Campari et jus d’orange) ou de l’élégance insistante du vin est un vrai défi.

C’est pourquoi le pari des Moretti a été de commencer à le servir dans sa version artisanale à la pression. Le Buenos Aires Gin peut être dégusté dans des bars tels que Santa Clara, On Tap et Van Köning.

Baradentro, le gin à prix doux 

S’il n’y a pas si longtemps, le gin tonic était – comme dirait un « tanguero » – une boisson « snob », il devient peu à peu national, populaire et adapté à toutes les saisons. Pour ceux qui sont déjà des habitués de ce cocktail mais qui n’ont pas encore réussi à en faire un ami de leur porte-monnaie, nous recommandons Baradentro, à Palermo, avec un menu exclusivement dédié au gin tonic associé à différentes plantes, fruits et ajouts spéciaux. Vous pouvez choisir la marque de gin, mais les promotions portent généralement sur la marque la moins chère.

Invernadero, le premier bar à gin artisanal à la pression

S’il y avait une chose qui nous manquait, c’était une excuse alcoolisée pour visiter la Bibliothèque nationale. L’une des rares expressions de l’architecture « brutaliste » à Buenos Aires abrite désormais le premier bar à gin : Invernadero. Ici aussi, le gin est artisanal, à la pression et national (également fabriqué par les frères Moretti) et tous les cocktails l’incluent (bien sûr, avec des noms qui font référence à des œuvres littéraires ou à des auteurs, comme Casa Tomada, ou La Mala Hora).

L’expérience est aussi intime que de prendre un verre dans le jardin de la maison, entouré de verdure, avec des tapas, des plats principaux luxueux et un service de première classe.

Tato, le Príncipe de los Apóstoles et la Gintonería  

Si on parle de gin et qu’on n’a pas encore prononcé le nom de Tato Giovannoni, de quoi parlons-nous ?

Issu d’une famille italienne mais originaire de Mar del Plata, Tato est l’un des fabricants de cocktails emblématiques du pays (et qui bénéficie également d’une grande visibilité internationale). C’est le créateur de l’un des premiers gins nationaux (le très célèbre Príncipe de los Apóstoles), ainsi que le maître d’œuvre de la Florería Atlántico (aujourd’hui dans le top 3 mondial) et l’auteur infatigable d’autres boissons parmi lesquelles figurent des bières, des eaux toniques et des vermouths.

Non satisfait de sa trajectoire ci-dessus, Tato a ouvert en 2018 la première Gintonería du pays, mais pour la connaître, il faut se rendre à Rosario, et plonger dans un bar au style américain des années 50.

Calle Ginebra, quelques pas plus loin 

Après un voyage d’environ une heure « et quelques », vous arrivez à La Plata, capitale de la province de Buenos Aires et Mecque des diagonales (ainsi que principal lieu de tournage du film « El Hombre De Al Lado »).

C’est là qu’a ouvert, en 2018, Calle Ginebra, un bar à gin à l’ambiance de rue et mettant à l’honneur un cocktail unique. Les gins sont divisés en gins à macération locale, gins nationaux et London Dry. Chacun se décline en différentes combinaisons créées sur place. Ils peuvent, en outre, être accompagnés de plats typiques de la restauration rapide de qualité gastronomique.

Traduction : Carolina Freda

Comunicadora, especialista en redes sociales e inquieta seguidora de la cultura local a través de los platos, los tragos, los bares clásicos y los refugios secretos.