Rock national, l’âge d’or des années 80 (2/3)

Impossible de passer une soirée dans un bar de Buenos Aires sans entendre résonner les notes de « Persiana Americana » ou de « Nada Personal », deux des tubes de l’un des plus célèbres groupes de rock national.

Formation emblématique des années 80-90, sans doute l’une des plus influentes du continent, Soda Stereo a rempli les stades d’Amérique Latine (en 1991, le groupe réunit plus de 250.000 personnes sur l’Avenue 9 de Julio !), jusqu’à sa dissolution, en 1997. Son leader, Gustavo Cerati, se trouve dans le coma depuis 2010, à la suite d’un accident vasculaire cérébral survenu lors d’un concert à Caracas.

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À l’instar de l’éternel rivalité entre fans des Rolling Stones et des Beatles, on oppose souvent les Soderos (fans de Soda Stereo) aux Ricoteros (fans des Redondos de Ricota)

À grand renfort d’effets de réverbération et un son relativement classique, les membres de Patricio Rey y sus Redonditos de Ricota versent dans un rock plus engagé, qui se veut moins commercial. Leur album phare « Oktubre », avec un squelette brisant ses chaînes de prisonnier, fait ainsi référence à la révolution bolchévique de 1917.

L’apparition de Los Abuelos de la Nada (auteur du tube « Mil Horas ») marque également l’émergence d’un son plus pop (voir la 1ère partie de notre série sur le rock national), suivant la vague de groupes comme Police ou Madness dans les années 80, à la croisée des chemins entre ska, reggae et rock. Ancien claviériste du groupe, Andrés Calamaro mène aujourd’hui une carrière solo à succès.

Avec leur rock festif mêlant ska, jazz et rythmes latinos, Los Fabulosos Cadillacs et leur leader Vicentico ouvrent à leur tour un nouvel horizon, plus dansant, synthèse réussie entre influences européennes et sonorités sud-américaines.

Si vous avez envie de découvrir un son plus original, plus underground, tournez-vous vers Sumo. Fondé par Luca Prodan, un jeune italien venu s’installer en Argentine, le groupe chamboule la scène locale avec des titres comme « La Rubia Tarada » ou « Mejor No Hablar de Ciertas Cosas ». Luca Prodan est emporté par une cirrhose fin 1987. Ses anciens camarades fonderont deux autres groupes « qui comptent » dans le paysage du rock national : Los Divididos et Las Pelotas. Mais ça, c’est déjà une autre histoire…

Après un fabuleux septennat comme correspondant de L'Equipe et France Football, lors duquel j'ai écumé les meilleurs spots de la "Ciudad de la furia" chère à Soda Stereo, je vis désormais Barcelone. Où évolue un petit gars en short qui n'a pas volé son titre de meilleur ambassadeur de l'Argentine.