Vélo en ville, une affaire qui roule

Vous en avez assez d’attendre des bus qui passent quand ça leur chante ? De vous entasser dans des métros étouffants ? Envie de vous perdre et de découvrir des endroits insoupçonnés, le vent dans les cheveux ? Alors vous êtes sans doute prêts à sauter le pas et à faire du vélo dans Buenos Aires. Suivez le guide

Acheter un vélo

Trouver un vélo est assez facile. Le modèle le plus courant – et le moins cher – est ici la playera, plus connu sous le nom de beach cruiser sous nos latitudes. Pour des raisons qui restent mystérieuses, c’est sur ce modèle que l’industrie nationale a jeté son dévolu, et vous en croiserez donc souvent. Sans vitesse, souvent dotés d’un guidon surdimensionné, ces vélos ont l’avantage de la robustesse. Mais c’est presque le seul. Ils sont peu maniables, peu rapides, et manquent d’élégance. Privilégiez les magasins de vélos de quartier, Mercado Libre, ou le groupe Facebook intercambio de bicicletas pour avoir les meilleurs prix, et n’hésitez pas à investir dans des garde-boues en kit pour les jours de pluie.

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…ou louer un vélo

La municipalité a mis en place un service de vélo en libre service, EcoBici, qui fonctionne étrangement bien ! Pas de borne CB, pas de code à apprendre par cœur. En cas de dépassement, votre compte est suspendu pendant une semaine, puis un mois, puis définitivement. Pour une location longue durée, vous pouvez faire appel à Bicicleta Naranja dans leur local de Palermo ou de San Telmo.

Apprivoiser la ville

Rouler à vélo à Buenos Aires était jusque là un sport de l’extrême, réservé aux plus téméraires. Désormais plus besoin de pratiquer le slalom entre les bus et les voitures : la ville a impulsé ce moyen de transport plus soutenable en construisant un grand réseau de pistes cyclables, qui s’étend sur 120 km. S’il est bien protégé des automobiles en stationnement et de la circulation dense de la ville, il a été mis en place sur des axes à faibles circulation, et vous oblige donc à vous arrêter à chaque croisement pour savoir à qui revient la priorité (le conseil de la rédac : si vous ne savez pas à qui revient la priorité, plongez un regard plein de détermination et de fierté dans celui de l’automobiliste qui arrive, et passez. Il klaxonnera mais il s’arrêtera).

Si vous avez envie de dépasser les 15km/h, vous pouvez emprunter également les grandes avenues. Les deux voies de gauche sont parfois dédiées aux vélos et à la dépose de passagers. Même si cette injonction est à peu près aussi respectée que le port du casque à moto, rester à gauche des axes majeurs vous évitera de jouer à saute-mouton avec les autobus et les taxis.

Un dernier conseil : ne faites pas dormir votre vélo dehors, et attachez le avec un grosse chaîne ou un cadenas en U (et pas un petit cadenas), car les vols sont très, très fréquents.

Devenir un biker

Le réseau de piste cyclables n’a plus aucun secret pour vous ? Votre meilleur chrono entre le Centenario et l’Obelisco s’approche des quinze minutes ? Plusieurs collectifs proposent des entraînements en semaine sur des circuits fermés, semi-ouverts, ou tout simplement dans la rue. Amigos del Pedal les recense, et organise régulièrement des sorties ou des Alleycats, courses d’orientation urbaine à vélo calquées sur l’activité des coursiers new-yorkais.

Si votre vélo n’est plus en état de rouler, direction la Bicicueva, à Barracas, qui vous propose gratuitement des outils et du savoir-faire. On apprécie notamment la balade qui mène à Peru Beach via le Paseo de la Costa (pour les nordistes), les parcs de Palermo et la réserve écologique de la Costanera Sur (pour les sudistes, donc).