Mestizos, cuisine et amour à la vénézuélienne

Mestizos Buenos Aires
Photo : @evil.eats

-fermé-

Cela faisait un certain temps qu’on voulait tester Mestizos, le nouveau projet de Juan Manuel León dont on avait pu mesurer le bon goût à la pizzeria Monzú. Ce nouveau local se trouve dans un coin de Palermo Soho où il détonne, dans le bon sens du terme : un endroit simple et chaleureux grâce aux membres de la communauté vénézuélienne qui s’y rendent régulièrement pour se remémorer les saveurs de leur enfance.

Avant de parler de ce qu’est Mestizos, on va commencer par expliquer ce qu’il n’est pas : Mestizos n’est PAS ce restaurant gourmet qui décore des plats typiques avec des ingrédients prétentieux dont on pourrait se passer. Mestizos n’est pas NON PLUS ce petit local kitch qui fait son beurre en exploitant la nostalgie et fait un usage exagéré des drapeaux dans le cadre d’une mise en scène qui manque d’authenticité.

Mestizos est synonyme de bonne cuisine et de fraternité hispano-américaine.

Ici les indispensables arepas sont efficaces, généreuses et savoureuses. Si c’est votre première fois, je dois vous conseiller la arepa de pabellón, la meilleure introduction qui soit à la cuisine vénézuélienne : viande farcie, caraotas (haricots noirs), fromage râpé frais et morceaux de banane plantain frits. Déguster cette arepa, c’est sentir la brise des Caraïbes et écouter de la salsa à distance. Attention : l’abondance de la farce est un défi pour ceux qui aurait un appétit d’oiseau ou qui sont au régime. Il y a d’autres classiques vénézuéliens comme la arepa dite « Reina Pepiada » avec poulet, avocat et coriandre, mais aussi la arepa « pelúa » avec de la viande et du fromage. Sans oublier les empanadas, tequeños et tostones. Il y a même des variétés régionales comme la arepa frite « cabimera » avec un peu de tout et qui vient de la région de votre humble serviteur.

D’autres versions pas si classiques : la arepa « mestiza » qui plaît au public argentin avec son poulet, chori, avocat et chimichurri ; la arepa végane avec des légumes de saison ; et la « arepa-burger » dont le nom parle pour elle. En plus des habituels boissons gazeuses et bières, vous avez du « papelón » (jus de canne à sucre avec citron) et de la « chicha » (épais milk-shake de lait et de riz). En cas d’envie soudaine de mousse, vous avez un bar à bière artisanale à côté et un autre juste en face, et plein d’autres dans les rues avoisinantes.

Au-delà de la nourriture, c’est un autre élément qui fait la différence : la fraternité criolla. Le dimanche on sert gratuitement de la soupe au poulet, un geste de solidarité pour les Vénézuéliens qui viennent d’arriver ou ceux qui sont là depuis plus de temps mais luttent pour s’adapter au climat de Buenos Aires et recherchent l’ambiance chaleureuse d’un endroit familial. J’ai adoré cette initiative. D’autant que la gratuité n’est pas signe de mauvaise qualité : j’ai goûté la soupe et je peux vous dire que c’est exactement ce dont vous avez besoin pour combattre le blues du dimanche.

Voici un projet qui s’est monté avec beaucoup d’effort et d’amour. Vous pourrez voir Juan aux fourneaux en train de préparer lui-même les arepas. En dégustant ses plats, vous ne manquerez pas de reconnaître les traces de son passage par des cuisines comme celle de Páru. N’allez à Mestizos QUE SI vous êtes prêts à découvrir les vraies saveurs de l’amour vénézuélien. (Ensuite, passez par Cuervo pour prendre un café).

Mestizos
Nicaragua 4424 – Palermo Soho
Du mardi au jeudi et le dimanche, de 9h à 0h ; vendredi et samedi, de 9h à 2h
Prix : $ $

* Traduction Nicolas Zeisler