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Le quartier de Rawson : un triangle poétique à Agronomía

Coin de rue du quartier
Coin de rue du quartier "Cortázar" - Photographie de Carolina Janeiro

Le quartier d’Agronomía renferme une île cachée derrière sa bruyante avenue San Martín. C’est le Barrio Parque Rawson, un petit essaim de vieux bâtiments de style anglais.

On a littéralement l’impression d’être sur une île, car l’agitation disparaît dès qu’on tourne au coin de la rue, comme s’il s’agissait d’un village hors du temps et de l’espace.

PETITES MAISONS BON MARCHÉ

Le quartier Parque Rawson a été inauguré en 1934 dans le cadre du programme de logements des maisons bon marché (qui a donné naissance à plusieurs des plus beaux quartiers de Buenos Aires).
Son plan a la forme d’un triangle dont les côtés bordent la faculté d’agronomie. S’il y a quelque chose qui ne manque pas ici, ce sont les arbres et l’air pur. Ses chalets et ses bâtiments de style anglais sont conservés dans leur état d’origine, avec leurs toits en tuiles et leurs jardins fleuris. Les rues courbes lui donnent une touche particulière et son cœur est habité par une petite place, où vous pourrez apprécier une tranquillité totale.

QUE FAIRE DANS LE QUARTIER DE RAWSON

Ce n’est pas qu’il y ait quelque chose de particulier à faire ici : ce quartier ne compte que 13 pâtés de maisons et une petite place. Cependant, c’est un endroit très spécial où l’on peut trouver toutes sortes d’inspirations.
Le bar Rayuela (en l’honneur du célèbre roman de Cortázar, Marelle) est magnifiquement installé à un coin de rue donnant sur les chalets anglais et est le seul établissement commercial du quartier. Il coexiste harmonieusement avec l’atmosphère féérique du lieu.
Rien de plus agréable que de simplement contempler le soleil se coucher derrière l’ancien réservoir d’eau des bâtiments.
Si l’on s’assoit sur un banc de la place, on peut voir défiler des landaus, des promeneurs et d’innombrables chats, « (…) et les chats, toujours les chats, les inévitables minous, miaoumiaou, kitten, kat, gatto, cat, gris, blancs, noirs, tigrés, maîtres du temps et des dalles tièdes (…) » comme dirait Cortázar.

JULIO CORTÁZAR : ENTRE BUENOS AIRES ET PARIS

« Dans cet immeuble vécut Julio Cortázar ; l’atmosphère du quartier de Rawson et d’Agronomía est présente dans plusieurs de ses nouvelles » indique une plaque placée à l’entrée de l’un des anciens bâtiments du quartier. C’est pour cette raison que beaucoup de gens appellent Rawson le « Quartier Cortázar », puisque l’écrivain y a vécu pendant ses dernières années à Buenos Aires, avant de s’exiler à Paris en 1951. Je ne doute pas que le souvenir de la particularité tranquille du quartier de Buenos Aires l’ait inspiré pendant son exil. Dans ses nouvelles, on peut goûter à cette intemporalité surréaliste que l’on ressent en marchant dans les rues.

Si vous ne connaissez pas Cortázar et que vous voulez entrer dans son univers littéraire, je vous recommande une de ses nouvelles L’autre ciel  (Tous les feux le feu – 1966 (lien vers le texte en espagnol)). Le personnage y fait l’expérience de deux vies parallèles reliant Buenos Aires et Paris lorsqu’il entre dans la Galerie Güemes pour apparaître dans la Galerie Vivienne, et vice versa.

Traduction : Carolina Freda

Diseñadora oriunda de Buenos Aires. Fotógrafa y dibujante aficionada. Me encanta recorrer la ciudad con ojos de viajera, retratando y registrando cada cosa que voy descubriendo a mi camino para compartir con el mundo.
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