[PASSÉ] Argentine-Brésil, match d’anthologie au Proa

EXPOSITION TERMINÉE

La Fondation Proa confronte les scènes artistiques argentines et brésiliennes des années 60. L’occasion de (re)découvrir les acteurs majeurs d’une époque charnière.

Après « Iman Nueva York », qui explorait l’attrait de la ville pour l’avant-garde argentine de l’époque, les années soixante reviennent au Proa avec « Arte de contradicciones. Pop, Realismos y Politica. Brasil-Argentina 1960« . Ce titre à rallonge est à la mesure de l’ambition de l’exposition : explorer les rapports complexes qui unissent les scènes argentines et brésiliennes de l’époque. Photos, installations, performances, vidéos : la variété des œuvres traduit l’état d’insurrection permanent qui saisit le monde des arts contre toute forme de carcan, qu’il soit social, artistique ou politique.

Coté argentin, nul ne manque au casting : de l’incontournable Marta Minujin à Luis Felipe Noé, en passant par Antonio Segui, Leon Ferrari et l’iconoclaste Alberto Greco. Les artistes brésiliens ne sont pas en reste, avec des œuvres de Helio Oitica et Cildo Meireles entre autres.

La mise en rapport des deux pays permet de mesurer les similitudes dans la contestation qui secoue les sociétés de l’époque. Les photos d’Evandro Teixera sur les protestations estudiantines à Rio en 1968 rappellent ainsi les clichés de Gilles Caron sur le mois de mai français cette même année.

Le monde semble battre à l’unisson d’une même contestation, sans que les spécificités des scènes locales ne soient occultées pour autant. La place de la pauvreté dans ces pays et la lutte contre la dictature militaire, qui sévit tant en Argentine qu’au Brésil, sont autant de questions qui traversent la société et que les artistes traduisent à leur manière.

« Tucuman Arde 1967 » est un des exemples les plus flagrants. Pour contrer la propagande de l’État qui tait la contestation sociale qui s’est emparée de la ville, les artistes de toute l’Argentine affluent pour donner une visibilité médiatique au mouvement. L’art déborde largement de ses cadres, se fait dans la rue, tourne le dos aux institutions, s’invente ses propres moyens de communication. L’initiative, inédite, unit artistes, ouvriers et citoyens en un même élan utopique, qui finira par avoir raison de la situation dans la ville.

Le résultat, éminemment stimulant est à voir absolument. À la sortie du Proa, entre faire de l’art et faire la révolution, vous n’aurez plus à choisir !

« Arte de contradicciones. Pop, Realismos y Politica. Brasil-Argentina 1960 » à la Fondation Proa

Av. Pedro de Mendoza 1929 – La Boca

De mardi à dimanche, de 11h à 19h

Entrée : AR$20

Jusqu’au 20 septembre

 

 

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